Le Gouvernement congolais accélère la réforme de la gestion des frontières avec un projet de digitalisation des procédures douanières, destiné à renforcer la transparence, lutter contre la fraude et améliorer la mobilisation des recettes publiques, particulièrement dans la province du Sud-Kivu.
C’est dans ce cadre que le Ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya, a échangé à Kinshasa avec le Gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, et le CEO du groupe Azania, Mohamed Eidha Awadh, autour de la mise en œuvre de ce nouveau système ainsi que du renforcement du Régime Commercial Simplifié (RECOS), lancé en octobre 2024 au poste frontalier de Kavimvira-Gatumba entre la RDC et le Burundi.

Au cœur des discussions, la volonté commune d’accélérer la transformation numérique des procédures frontalières afin de réduire les pertes financières liées au coulage des recettes, estimées à près de 33 millions de dollars par mois dans la seule province du Sud-Kivu. Le projet prévoit désormais une collecte des taxes au-delà des points frontaliers, en conformité avec les engagements de la RDC au sein des organisations régionales telles que le COMESA, la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la CIRGL.
Le ministre Julien Paluku a expliqué que les procédures physiques doivent être transformées en processus numériques pour maximiser les recettes publiques et renforcer la transparence, soulignant que cette réforme constitue une étape clé dans la modernisation de l’administration douanière congolaise.

Le projet bénéficie de l’appui technique du groupe Azania, qui apportera son expertise en matière de digitalisation des procédures frontalières. Le modèle congolais s’inspire notamment de certaines expériences réussies en Tanzanie, considérée comme une référence régionale en matière de modernisation douanière.
Le Gouverneur du Sud-Kivu a, pour sa part, salué cette initiative du Gouvernement central, estimant qu’elle permettra non seulement de sécuriser les recettes publiques, mais aussi de renforcer les capacités de financement des infrastructures et du développement provincial.

Le Sud-Kivu a été choisi comme province pilote pour le déploiement de ce système numérique, avant une extension progressive à l’ensemble du territoire national. Une phase d’évaluation rigoureuse est prévue dans un délai de 45 jours, afin d’ajuster le dispositif avant sa généralisation.
Parallèlement, les échanges ont également porté sur la consolidation du Régime Commercial Simplifié (RECOS), un mécanisme visant à faciliter les échanges transfrontaliers des petits commerçants et à réduire les obstacles administratifs dans les zones frontalières.
Avec cette réforme, les autorités congolaises entendent franchir une étape importante vers une gouvernance douanière modernisée, plus efficace et davantage tournée vers la transparence et la performance économique.
Lydia Mangala


