Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a pris part ce mardi 16 juin 2026 à la deuxième édition des Journées scientifiques de Kinshasa, organisée autour du thème : « L’accroissement des recettes publiques de l’État : innovations, stratégies et résultats ».
Intervenant en qualité de panéliste devant un parterre composé notamment du président de l’Assemblée nationale Aimé Boji, de parlementaires, de membres du Gouvernement, d’opérateurs économiques, d’universitaires et d’acteurs de la société civile, le ministre a présenté plusieurs pistes de réforme destinées à renforcer la mobilisation des recettes publiques en République démocratique du Congo.

Au cœur de son intervention, Julien Paluku a défendu une vision ambitieuse pour les finances publiques congolaises. Il a estimé que le pays dispose du potentiel nécessaire pour faire passer son budget de près de 20 milliards de dollars américains actuellement à 50 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, avec pour perspective d’atteindre 100 milliards de dollars à l’horizon de la prochaine décennie.
Pour atteindre cet objectif, le ministre a plaidé en faveur d’une plus grande synergie entre les différentes institutions impliquées dans la création et la sécurisation de la richesse nationale.
Selon lui, le Parlement doit poursuivre son rôle de production des lois, le Gouvernement celui de la mobilisation des recettes publiques, la justice celui de la sécurisation du climat des affaires, tandis que le secteur privé demeure le principal moteur de la production des richesses.
Julien Paluku a également insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes destinées à améliorer l’environnement économique du pays. Il a notamment préconisé la suppression des taxes qu’il qualifie de « toxiques », la révision de la législation relative à la nomenclature des impôts et taxes ainsi qu’un accompagnement institutionnel renforcé pour protéger les réformes en cours.
Le ministre a particulièrement mis l’accent sur la réforme de la digitalisation des procédures douanières et commerciales. Celle-ci repose notamment sur l’interconnexion entre le système S-ONE du Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUCE) et le système Sydonia World de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), une innovation lancée le 29 décembre 2025 afin de renforcer la traçabilité des opérations et de réduire les pertes de recettes.
Julien Paluku a proposé une nouvelle architecture de gouvernance fondée sur trois niveaux d’intervention notamment le pouvoir central, les provinces et les territoires, ces derniers étant appelés à jouer un rôle plus actif dans la coordination du développement local.

Il a par ailleurs souligné l’importance d’accroître les capacités productives nationales, particulièrement dans le secteur agricole, qu’il considère comme l’un des principaux leviers susceptibles d’élargir l’assiette fiscale et de soutenir durablement la croissance économique du pays.
Lançant officiellement les travaux de ces assises prévues sur trois jours, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a invité les participants à formuler des propositions concrètes et innovantes capables de renforcer les recettes publiques et d’accompagner les ambitions de développement de la République démocratique du Congo.
À travers ces Journées scientifiques, les organisateurs entendent alimenter la réflexion sur les mécanismes permettant à l’État de mobiliser davantage de ressources pour répondre aux défis liés à la sécurité, aux infrastructures, à l’éducation, à la santé et à l’amélioration des conditions de vie de la population.
Lydia Mangala


