Dans une tribune publiée ce dimanche, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a réagi au message adressé le 11 juin 2026 par l’ancien président Joseph Kabila, dans lequel ce dernier affirmait ne « toujours pas être entendu ni encore compris ». Dans une réponse particulièrement virulente, le ministre revient sur le parcours politique de l’ancien chef de l’État et met en cause plusieurs de ses choix durant son passage au pouvoir.
Julien Paluku débute son propos en rappelant l’influence et le pouvoir exercés par Joseph Kabila pendant près de deux décennies à la tête de la République démocratique du Congo. Il dit s’interroger sur l’évolution de la trajectoire politique de l’ancien président, qu’il accuse aujourd’hui de s’être rapproché de dirigeants étrangers.
« Passer de la gloire du pouvoir absolu à finir aujourd’hui aux côtés de Paul Kagame… Qui peut vous comprendre ? », écrit-il, exprimant son incompréhension face à ce qu’il considère comme un revirement politique majeur.

Le ministre accuse ensuite Joseph Kabila d’avoir joué un rôle déterminant, en coulisses, dans plusieurs épisodes liés aux conflits armés dans l’est du pays, notamment lors des opérations contre le CNDP et le M23. Selon lui, certains événements survenus durant cette période témoigneraient de stratégies ayant favorisé la reconstitution de mouvements rebelles, avec de lourdes conséquences humaines et sécuritaires.
Dans sa tribune, Julien Paluku évoque également plusieurs dossiers sensibles, notamment la capture de Laurent Nkunda et la reddition de Bosco Ntaganda à Kigali. Il estime que ces événements ne relevaient pas du hasard, mais de décisions concertées prises dans le cadre d’arrangements politiques et sécuritaires dont les véritables motivations seraient restées longtemps dissimulées.
Au fil de son argumentation, le ministre affirme que ces faits contribueraient à mettre en lumière ce qu’il qualifie de « pacte » ayant contribué à l’instabilité et aux violences qui ont marqué certaines régions du pays.
« Le deal qui a ensanglanté la patrie est désormais exposé », soutient-il, estimant que l’histoire finira par établir les responsabilités des uns et des autres.
S’adressant également aux acteurs de l’opposition, Julien Paluku les appelle à la vigilance, les invitant à s’interroger sur le parcours et les choix de l’ancien président avant de lui accorder leur confiance.
La tribune se conclut par une référence à une formule attribuée à Joseph Kabila : « Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert. »
Reprenant cette citation, le ministre affirme que les éléments permettant de comprendre certaines responsabilités seraient désormais visibles et accessibles à l’opinion publique.
Cette prise de position de Julien Paluku intervient dans un contexte politique marqué par de vives tensions entre les partisans de l’ancien président et ceux du pouvoir en place. Les accusations formulées dans cette tribune demeurent toutefois de nature politique et appellent, le cas échéant, à être étayées ou contestées par les différentes parties concernées.
Joëlle Luniongo


