´Ce lundi 18 août 2025, dans le cadre de la toute première édition de « La Semaine de l’étudiant », organisée par TBC Academia au Musée National de la République Démocratique du Congo, Tina Salama, porte-parole du Président de la République, a livré un témoignage inspirant aux étudiants, leur prodiguant conseils et stratégies pour réussir dans un contexte académique et professionnel exigeant.
La première journée, animée sous la modération de Julie Tshienda, chargée de la promotion et de la visibilité des actions du Chef de l’État, et en présence de Christian Bosembe, Président du CSAC et patron du Groupe média Buzz Congo, a été l’occasion pour Tina Salama de partager son parcours personnel et des recommandations concrètes pour conjuguer études, compétences et insertion professionnelle.
Choisir sa passion plutôt que la voie imposée

Tina Salama a commencé par rappeler les difficultés liées aux débouchés professionnels :
« Les débouchés sont très difficiles. Si vous allez jusqu’au bout en économie, en droit, en médecine… après, ça devient très difficile de caser ce monde-là », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur l’importance de suivre sa propre passion :
« Moi, ce que je conseille, en tout cas à un jeune étudiant qui finit, c’est de choisir ce qui vous plaît, ce que vous pensez faire le mieux », a-t-elle affirmé.
Tina Salama a ensuite raconté ses propres choix de filière et les obstacles qu’elle a rencontrés :
« Quand j’avais 18 ans, j’ai choisi de faire la communication. Je voulais faire le journalisme, mais il n’y avait pas une bonne école de journalisme dans ma ville, à Bukavu. Ensuite, je voulais faire la psychologie… mais là aussi, la filière n’existait pas. »
Elle a souligné le rôle crucial des parents dans le choix d’une carrière :
« Je me suis disputée avec mon père qui voulait que je fasse le droit. Il m’a dit : « Tu parles beaucoup, tu serais une bonne avocate ». J’ai dit : « Non papa, je sens plutôt la communication » », a-t-elle raconté.
Multiplier les expériences parallèles
Tina Salama a encouragé les étudiants à ne pas se limiter à leurs cours universitaires et à développer des activités parallèles :
« Faites des formations, que ce soit dans le même domaine si vous avez l’opportunité, sinon dans tout autre domaine. Ne restez pas seulement étudiants, ne restez pas focalisés uniquement sur l’université », a-t-elle insisté.
Elle a illustré ce point par son expérience personnelle :
« Même avant de faire la communication, je faisais beaucoup de bénévolat. J’aimais beaucoup faire le MC, la modération… J’étais timide, mais c’était une façon de travailler sur ma timidité », a-t-elle avoué.
Grâce à ses engagements parallèles, elle a rencontré des personnalités déterminantes pour sa carrière, comme Jean-Marie Etter, directeur de la Fondation Hirondelle, qui lui a confié le projet Radio Okapi :
« Moi, ce que j’aime, c’est votre courage. Je pense que vous irez loin avec ça », a-t-elle rapporté.
La persévérance et la formation continue
Tina Salama a rappelé que même lorsqu’on démarre sans diplôme, il est crucial de continuer à se former :
« Moi, je n’avais pas fini mes études, mais j’ai commencé à travailler. Ensuite, j’ai repris mes études, j’ai obtenu ma licence en politique extérieure, puis un master en management des médias en France, et une formation intensive en anglais à Washington », a-t-elle raconté.
Elle a souligné l’importance de combiner travail, études et formations :
« Finissez vos études. Même si vous devez travailler, trouvez le moyen de continuer, car tôt ou tard, l’absence de diplôme vous bloquera. Faites des formations parallèles : informatique, anglais, genre, justice populaire… Tout ce qui est offert, saisissez-le », a-t-elle conseillé.
S’informer, postuler et ne pas craindre le bas de l’échelle
Tina Salama a invité les jeunes à cultiver leur curiosité et à rester connectés à l’actualité mondiale :
« Ne soyez pas des diplômés incultes. Intéressez-vous à ce qui se passe dans le monde », a-t-elle recommandé.
Elle a ensuite abordé la recherche d’emploi :
« Commencez en bas de l’échelle. J’ai travaillé six mois comme journalier, payé trois dollars par jour. Mais je me suis dit : je commence quelque part. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes refusent les petits boulots et attendent un gros poste. Non, commencez, battez-vous, postulez, utilisez vos contacts », a-t-elle affirmé.
Elle a insisté sur l’importance d’un CV soigné et d’adapter ses candidatures :
« Gonflez-les au sens positif : mettez toutes vos expériences, même petites. Adaptez votre CV à chaque poste », a-t-elle précisé.
Entrepreneuriat et persévérance
Enfin, Tina Salama a encouragé les jeunes à se tourner vers l’entrepreneuriat si l’emploi salarié se révèle difficile :
« Si vous ne trouvez pas d’emploi salarié, tentez l’entrepreneuriat. Et surtout, ne perdez pas espoir. Battez-vous. Il y a beaucoup d’opportunités, mais elles exigent de la persévérance, de la curiosité et de la détermination », a-t-elle conclu.

Entre passion, engagement et persévérance, elle a tracé un chemin inspirant pour transformer le potentiel de la jeunesse congolaise en opportunités durables.
Lydia Mangala


