Dans une note circulaire signée le lundi 28 juillet 2025, le Ministère provincial de la Santé Publique, Hygiène et Prévention a ordonné l’interdiction immédiate de toute pratique consistant à exposer des malades dans les lieux publics à Kinshasa, dans le but de solliciter de l’argent auprès de la population.
Cette interdiction a été formellement adressée aux bourgmestres des communes de Kinshasa ainsi qu’au Commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC), appelés à veiller scrupuleusement à son application sur l’ensemble du territoire de la ville.
Une pratique qui porte un discrédit à la dignité humaine

Le ministre provincial de la Santé, Patricien Gongo, dénonce fermement cette pratique, devenue récurrente dans plusieurs communes de la capitale.
Des malades sont régulièrement exposés dans des carrefours, marchés ou ronds-points dans des conditions dégradantes, avec pour objectif de susciter la compassion du public et de collecter de l’argent.
« Il s’observe dans la Ville Province de Kinshasa une pratique de marchandage et de commercialisation des malades dans les différentes communes. Une pratique qui déshonore et porte un discrédit à la dignité humaine, conformément à l’article 16 de la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée à ce jour », a-t-il insisté dans la note.
Des mesures fermes pour protéger les malades

Le ministre a ordonné que tous les malades exposés soient transférés sans délai dans les structures sanitaires des différentes zones de santé de la ville, où ils pourront bénéficier d’un accompagnement médical et social dans le respect de leur dignité.
Il a par ailleurs averti que toute personne ou groupe qui ne se conformera pas à cette mesure s’expose à des sanctions sévères prévues par la législation congolaise.
Vers une meilleure prise en charge sociale et médicale
Cette décision du ministère s’inscrit dans une volonté plus large des autorités de renforcer la protection des droits humains à Kinshasa, tout en mettant fin aux pratiques exploitant la vulnérabilité des personnes malades.
Les autorités provinciales en appellent à la conscience collective, à la solidarité organisée et au renforcement des dispositifs sociaux d’accompagnement des malades et des familles en détresse.
Lydia Mangala

