Dans un communiqué publié ce samedi 19 juillet 2025, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a salué la décision du gouvernement congolais interdisant l’exclusion des jeunes filles enceintes des établissements scolaires, tout en insistant sur la nécessité d’un cadre d’accompagnement adapté pour assurer l’effectivité de cette mesure.
Une décision en faveur de l’égalité des chances
L’ACAJ qualifie cette décision d’historique, courageuse et progressiste, soulignant qu’elle constitue un tournant majeur dans la lutte pour l’égalité des chances et la dignité des filles.
En effet, l’interdiction de l’exclusion scolaire des filles en état de grossesse répond à plusieurs engagements juridiques, tant au niveau national qu’international.
Cette decision s’inscrit dans le respect de l’article 43 de la Constitution de la RDC, de la loi sur la protection de l’enfant, ainsi que de conventions internationales comme la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.
Pour l’ACAJ, cette réforme contribue à briser les chaînes de la discrimination, de la stigmatisation et de l’exclusion sociale qui frappent les adolescentes enceintes, souvent victimes de grossesses non désirées.
« L’éducation de la jeune fille, même enceinte, demeure un droit inaliénable et un impératif de justice sociale », réaffirme l’ACAJ.
Vers une implémentation efficace et inclusive
Tout en saluant cette avancée, l’ACAJ rappelle que la réussite de cette réforme dépendra de la clarté de sa mise en œuvre. Elle appelle à une stratégie d’application rigoureuse et inclusive, avec :
– La définition de directives claires et uniformes pour tous les établissements scolaires, publics et privés;
– La formation et la sensibilisation des chefs d’établissements, enseignants, élèves et communautés éducatives contre la stigmatisation;
– La mise en place d’un système de monitoring pour prévenir les abus ou sanctions déguisées;
– Le renforcement des services de soutien psychosocial, sanitaire et juridique dans les écoles;
– L’implication active des parents, de la société civile et des leaders communautaires pour favoriser une meilleure acceptation sociale.
Une réforme pour une école inclusive et solidaire
Pour l’ACAJ, une grossesse ne doit jamais être perçue comme un motif d’échec ou d’exclusion, mais comme un appel à plus de solidarité envers les filles concernées.
Elle lance ainsi un appel à l’ensemble des acteurs du secteur éducatif, ainsi qu’aux partenaires nationaux et internationaux, à s’approprier cette réforme pour bâtir une école véritablement inclusive, équitable et respectueuse des droits humains.
L’Association conclut en réaffirmant sa mobilisation continue sur la question, en faveur d’un système éducatif congolais plus juste et plus humain.
Lydia Mangala


