Mesdames et Messieurs, Distingués Invités,
Chers Excellences
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous invite à porter votre attention sur cette vidéo qui résume notre tragédie collective.
(Vidéo projetée)
Cette vidéo, que vous venez de visionner, est un cri du cœur, un cri de colère qui résonne dans l’âme profonde de chaque Congolais, de chacun d’entre nous…
1. Le refus de l’oubli
(J’aimerais que nous puissions dire ensemble le refus de l’oubli)
Cette vidéo nous rappelle que nous ne pouvons pas, nous ne devons pas oublier les trois décennies de guerre qui ont ravagé et continuent de ravager notre terre.
Plus de 10 millions de morts, plus de 7 millions de déplacés internes.
Chaque chiffre que j’énonce ici représente une vie, une histoire, une douleur incommensurable.
Le viol, cet acte barbare devenu arme de guerre, a détruit des vies et des familles. Une femme est violée toutes les 30 minutes à l’Est de notre pays.
Ce fléau nous touche tous !
Les cris des victimes interpellent chaque jour nos consciences.
Voilà pourquoi, nous ne devons pas nous réfugier dans une amnésie commode, car seule une action pensée peut mettre fin aux souffrances de nos compatriotes et à l’humiliation de notre pays.
2. Uneréponsestratégiqueàl’infiltration
Ce livre, tiré de mon mémoire de la 7e spéciale du Collège de Haute Étude des Stratégie et de Défense « Stratégie pour mettre fin aux agressions militaires en RDCONGO : M23 le conflit de trop ! », est une réponse stratégique, longuement mûrie, pour peaufiner notre système de défense.
Nous avons perdu des pans importants de territoires dans les provinces du Nord- Kivu et du Sud-Kivu. Il y a eu des anomalies constatées : des traîtrises, des détournements des fonds, voire des actes de désertions…
Il ne faut pas croire qu’il est aisé de mettre fin à ces comportements déplorables, si on ne recherche pas les racines profondes de cet état des choses.
Ainsi, toute réflexion stratégique, qui veut atteindre l’efficience, ne se contente pas d’analyses étriquées dans le temps et l’espace. Nos problèmes cruciaux en matière de défense nationale plongent leurs racines très loin.
Nous n’avons pas su construire une armée républicaine et patriotique parce que le lien incestueux entre la Force Publique coloniale et nos armées congolaises -ANC, FAZ, FARDC- n’a jamais été rompu.
Il n’y a pas eu de rupture idéologique dans la formation de nos soldats.
Au temps de la Force Publique, l’armée était un instrument de répression de la population civile. (Mu civil aza masuwa nayo)
De régime en régime, il n’y a pas encore eu une césure idéologique claire et affirmée.
D’où de nombreux accrochages entre les Wazalendos et les FARDC, sans parler des bavures dont nos soldats se rendent coupables à de nombreuses occasions.
A côté de ce problème, notre armée est aussi fortement infiltrée à travers un processus continu et pensé de nos ennemis.
Il y a eu plusieurs tentatives d’exfiltrer les brebis galeuses, mais les résultats sur le terrain militaire nous obligent à reconnaître que c’est encore très insuffisant.
Construire une nouvelle armée et dissoudre les FARDC nous semble la seule solution réaliste et efficiente.
3. Création de la Grande et Héroïque Armée Congolaise
La création de la Grande et Héroïque Armée Congolaise partira d’une Gendarmerie Hybride Multi-Tâches Tout Terrain (GH/MT-TT). Composée elle-même de plusieurs Gendarmeries spécialisées, cette unité d’élite sera le fer de lance de notre armée, regroupant des soldats motivés, formés et équipés pour faire face à toutes les menaces.
Le choix du Gendarme n’est pas fortuit. Il s’agit de mettre l’accent sur le côté citoyen et républicain du nouveau combattant congolais.
Financement de la nouvelle armée
Les fonds nécessaires peuvent être mobilisés de manière transparente et rigoureuse, par exemple à partir des ressources minières et des contributions de la diaspora.
Il est temps de réformer notre budget de défense pour qu’il atteigne au moins 20% du budget national, afin que la sécurité devienne une priorité nationale.
Nous devons également sensibiliser notre population à l’importance de cette armée. Chaque Congolais doit sentir qu’il a un rôle à jouer, non seulement en tant que citoyen, mais aussi en tant que défenseur de notre patrie.
4. Appel à l’action
Nous devons maintenant agir.
Le livre propose des stratégies concrètes pour mettre fin à ces agressions militaires.
Gagner la paix
Il est impératif de bâtir un consensus national autour d’une nouvelle vision de la paix, qui ne saurait être un don de la nature. Il n’y pas de paix durable sans victoires militaires et aussi sans justice pour les victimes.
Cela signifie que nous devons dénoncer les atrocités, documenter les violations et sanctionner les responsables.
Par ailleurs, “gagner la paix” implique également de réformer notre armée, de créer une Grande et Héroïque Armée Congolaise.
Ce projet n’est pas une simple idée, elle se traduit par des actions concrètes et mesurables développées dans ce livre.
Nous devons, non seulement investir massivement dans notre système de défense, mais aussi faire du secteur de la défense nationale, l’axe majeur de toute notre stratégie de développement économique.
Tous les secteurs d’activité doivent avoir un lien avec la préoccupation défense nationale.
Au vus des enjeux d’aujourd’hui et de demain, si nous voulons survivre devons considérer l’industrie de la défense comme la priorité des priorités.
Mesdames, Messieurs, chers Excellences
La guerre qui se déroule actuellement n’est pas seulement une affaire militaire ; C’est une question existentielle par conséquent, c’est un défi qui concerne tous les Congolais.
La paix et la sécurité ne peuvent être assurées que par une mobilisation collective.
C’est un appel à l’action, un appel à la solidarité de chaque citoyen, car ensemble, nous avons le pouvoir de changer le cours de notre histoire.
Je nous appelle à nous engager, à nous lever contre l’inacceptable.
Ensemble, refusons l’oubli et appelons à l’action. Ce livre est ma première action …
Je vous remercie.


