Sous le thème « Mémoire et Renaissance », la troisième et dernière journée du Congrès panafricain des étudiants pour l’éveil patriotique s’est achevée ce mercredi 2 juillet 2025 au Centre culturel et artistique des Pays de l’Afrique centrale (CCAPAC).
Organisé par la Représentation des Étudiants Congolais (REC) en collaboration avec l’ONG Urgences Panafricanistes et animé par Euphrasie Kayembe et Isaac Okane, ce grand rendez-vous de réflexion et d’éveil patriotique aura mobilisé pendant trois jours une jeunesse déterminée à écrire un nouveau chapitre de l’histoire du Congo et de l’Afrique.

Le dernier panel de clôture du congrès, toujours animé par Willy Kalengayi et Chantal Kanyimbo, a rassemblé différents intervenants autour d’une même urgence, celle faire se lever l’Afrique pour surmonter divisions et agressions.
Un hommage vibrant à Patrice Emery Lumumba
Avant de lancer la vidéo récapitulative des deux premières journées, les maîtres de cérémonie ont invité l’assistance à se lever pour saluer l’« Héros national » Patrice Emery Lumumba.
Ils ont rappelé que, si le premier Premier ministre du Congo était encore en vie, il aurait fêté ce 2 juillet 2025 son centenaire.
Ce moment solennel a renforcé la dimension symbolique de la clôture, en ancrant les travaux dans la mémoire des luttes fondatrices.
Intégrité et lutte contre la corruption

Le Professeur Emmanuel Janvier Luzolo Bambi Lessa a examiné la question :
« Quelle forme d’État faut-il adopter pour se débarrasser des politiciens corrompus ? »
Il a expliqué que, la corruption existe partout, mais la différence tient au niveau de la riposte étatique, et qu’il est impératif de renforcer la pression pénale en dotant justice et police financière des moyens nécessaires.

« Si l’on n’apprend pas à résister aux tentations dès l’enfance, on devient vulnérable à toute corruption », a-t-il déclaré martelant la nécessité d’un système national d’intégrité qui imprègne l’école, la santé et l’armée.
« Elles recrutent des responsables de groupes armés et échangent armes contre minerais ; seule la Cour pénale internationale pourrait, à terme, les traduire en justice », a-t-il énoncé l’impunité des multinationales.
Vision stratégique et plan Marshall africain

En réponse, Kemi Seba a insisté sur le rôle actif de la jeunesse :
« Vous prenez place dans l’histoire : ce congrès offre une place pour le continent et la diaspora », a-t-il souligné.
Il a proposé d’instituer un conseil de réflexion chargé de produire des notes de prospective stratégique, pour souffler à l’oreille du chef de l’État et éviter que nos dirigeants ne restent entourés de flatteurs.

Il a martelé que la grandeur du Congo doit se construirе par la science politique africaine et la stratégie, avant d’appeler les militaires à recevoir une formation civique et patriotique afin d’honorer l’héritage de Lumumba.
Foi, identité et renouveau

Le Professeur Désiré Konga Wanguwa a pour sa part posé un appel à l’introspection :
« Il ne suffit pas de condamner l’Occident », a-t-il prévenu.
Il a exhorté chacun à cultiver l’amour sincère du Congo de Lumumba et de Tshisekedi et à refuser l’agressivité du cow-boy pour renouer avec une fierté nationale partagée.

Il a insisté sur la nécessité de l’acceptation de l’autre dans un pays aux multiples identités et a invité la jeunesse à faire de cette cohabitation le socle d’une prospérité commune.
Spiritualité comme ciment panafricain

En clôture des interventions, Mfumu Nkusu a rappelé le martyre de Kimpa Vita, brûlée vive le 2 juillet 1706, pour affirmer que la spiritualité africaine est le socle de notre unité.
Il a proposé de réintroduire, dès l’école, l’enseignement dans nos langues nationales selon les méthodes ancestrales afin de réveiller la conscience de création inspirée par la nature.
Leçons d’unité pour le continent

Pour clore la table ronde, Nkosi Mandela, député sud-africain et petit-fils de Nelson Mandela, a mis en garde :
« Sans le Congo, l’Afrique ne peut être souveraine », avant d’exhorter la jeunesse à interpeller le gouvernement pour que nos minerais servent d’abord au développement national.
Il a assuré que le dialogue politique, porté par des citoyens formés à la gouvernance, permettra de dénoncer les mauvaises pratiques et d’instaurer une vraie responsabilité.
Lecture de la Déclaration étudiante et mot de clôture

Le vice-président de la REC, Chris Selengbe, a ensuite lu la Déclaration des Étudiants Congolais Panafricains, qui rappelle 30 ans d’agression, 30 ans de résistance et formule un ensemble de mesures concrètes : organiser des ateliers de mémoire et de justice transitionnelle, plaider la création d’un tribunal pénal international pour les crimes commis en RDC, et fonder un Institut Patrice Émery Lumumba pour pérenniser l’enseignement du panafricanisme.
Le président de la REC, Levis Muneza, a enfin clôturé le congrès en déclarant :
« Nous n’achevons pas un simple événement, mais nous ouvrons une nouvelle résonance africaine », appelant la jeunesse à être la sentinelle de la vérité et à refuser l’indifférence.
Sous l’acclamation de l’assistance et le refrain de l’hymne national décliné dans toutes les langues nationales, les participants ont scandé : « Jeunesse panafricaine, il est temps d’écrire notre histoire autrement », le slogan marquant la clôture de ce premier congrès panafricain.
Ce Congrès a ainsi posé les jalons d’une mobilisation étudiante et panafricaine inédite, convaincue que la mémoire et la justice sont les fondations d’une vraie Renaissance pour la RDC et pour tout le continent.
Lydia Mangala


