La quatrième édition du Festival international des Arts pour l’Évangile, Ewaggelion, s’est ouverte ce samedi 28 juin 2025 sur la Place des Évolués à Kinshasa.
Placée sous le thème « Gospel de l’inattendu : la paix comme bonne nouvelle », cette manifestation artistique et spirituelle a mobilisé artistes, croyants, jeunes et citoyens autour d’un message de paix pour la République démocratique du Congo.
Durant l’ouverture, performances de rue, fresques en direct, chants évangéliques et tableaux engagés ont incarné la volonté de traduire l’espérance chrétienne dans une langue créative, contemporaine et profondément ancrée dans les réalités du pays.
Une journée de proclamation artistique

Animée par Martin-Richard Ntita, la cérémonie d’ouverture a mêlé gospel-électro, live painting, slam, danses et scènes bibliques revisitées.
« Par ce festival, nous voulons faire passer l’évangile à travers l’art », a-t-il affirmé face à un public venu nombreux malgré la chaleur de l’après-midi.
Parmi les moments marquants :
– Le collectif Living Sacrifice a présenté une danse contemporaine intense.
– Le groupe Les Adorateurs a mis en scène une séquence inspirée de la guerre, évoquant le déplacement des populations, les violences rebelles et la souffrance, avant d’entonner des chants de paix et de victoire spirituelle.
– Le DJ Rapha a rythmé les intermèdes avec des morceaux évangéliques dans une ambiance électro-urbaine.
– Le Chœur l’éclairon, en dernier, a livré une belle scène musicale.
La fresque de M. Kadima : une paix semée dans l’obscurité
Moment phare de l’après-midi, la performance de l’artiste M.Kadima a rassemblé la foule autour d’une fresque en création.
L’artiste a dessiné les contours d’un tableau à la colle avant d’y faire verser de la poudre d’or par deux volontaires.
L’œuvre achevée représente une colombe portant une fleur, posée sur la carte noire de la RDC, avec l’inscription EWAGGELION en haut et sa signature M.Kadima25 en bas.
Interrogé par ZolaNewsn.net, l’artiste a livré une lecture sensible de sa création :

« C’est une œuvre artistique liée au thème d’aujourd’hui sur la paix en RDC. Pour moi, il n’y a rien de meilleur comme thème : c’est celui qui me rend le plus à l’aise, celui qui me permet de créer avec le plus d’authenticité. J’ai créé cette œuvre », a-t-il déclaré.
« Je n’aime pas trop expliquer mes œuvres, mais j’ai réalisé une création en rapport avec le thème d’aujourd’hui : Que signifie la paix en RDC ? J’y ai représenté la carte de la RDC avec une colombe portant une plante, symbole d’espoir et de paix. Le fond est noir, un noir qui illustre les épreuves que nous traversons actuellement. Mais même dans cette obscurité, il y a un espoir : celui d’une paix qui arrive », a-t-il poursuivi.

« C’est un message de paix intégré à une démarche d’évangélisation. Un festival comme EWAGGELION, qui transmet l’Évangile, cette bonne nouvelle, au peuple, ne peut que porter un message de paix et d’amour. Je ne vois aucune contradiction entre le thème de la paix et celui d’un festival de gospel. L’évangélisation, c’est justement cela : la paix, l’amour, la spiritualité, la connexion avec Dieu et la fraternité entre les humains. C’est un thème profondément d’actualité, au regard de ce que traverse notre pays, la RDC. Et pour moi, en tant qu’artiste congolais, c’est l’un des rares moments où je ne suis ni en conflit avec mes valeurs, ni en contradiction avec celles que ce magnifique festival cherche à transmettre. Il n’y a aucun problème, tout est en parfaite harmonie », a-t-il expliqué.
Après cela, il a inscrit son nom sur le tableau des souvenirs du Festival, comme il a fait lors de trois dernières éditions.
Des retours de participants émus et inspirés

Au-delà de la performance artistique, le festival a suscité une résonance émotionnelle profonde parmi les participants. Le thème de la paix, abordé avec sensibilité et audace, a touché les consciences, provoquant réflexions, émotions et dialogues spontanés entre artistes et spectateurs.
À travers les fresques, les danses, les chants et les paroles, un souffle d’espérance a traversé la Place des Évolués, réveillant une foi active et incarnée.
« C’est la première fois que je ressens une telle harmonie entre la foi et l’art urbain. La fresque de Kadima m’a beaucoup touchée. Elle exprime exactement ce que je ressens sur la paix en RDC, sans même avoir besoin de mots. C’est puissant », a exprimé sa gratitude, une étudiante en arts visuels présente sur place, Sarah M.

« Ce que j’ai vu ici m’a fortifiée. Les scènes de guerre mimées m’ont rappelé l’actualité de notre pays, mais aussi la nécessité de continuer à prier et à espérer. L’art ici est devenu un cri de foi », a salué, un participant, l’impact communautaire du festival
Ces témoignages confirment la force de l’approche d’Ewaggelion : fusionner la spiritualité et l’art pour rendre le message de paix vivant, actuel et accessible.
En s’ancrant dans la réalité congolaise et en mobilisant des expressions créatives issues de la jeunesse, le festival ne se contente pas d’un discours, il devient un espace de transformation collective.
Un geste prophétique autant qu’artistique, qui continuera à essaimer dans les rues de Kinshasa tout au long de cette semaine de célébration évangélique.
Une spiritualité qui prend corps dans l’espace public

Avec un programme qui se prolonge jusqu’au 6 juillet, le festival investira différents quartiers de Kinshasa à travers des fresques participatives, performances de femmes artistes, résidence de création au Théâtre National et un spectacle final à Congo Loisirs.
Organisé par l’association Ewaggelion, avec le soutien de Futurark Asbl, Power Services & Experiences, l’Hôtel de ville de Kinshasa, Eben Ezer SARL et Oloïd, cette quatrième édition entend renouveler la manière dont l’Évangile s’incarne dans la culture, en plaçant la jeunesse, la paix et la créativité au centre de son message.
Lydia Mangala


