Cette semaine, votre rédaction vous emmène à la découverte de Ketsia-Divine Miseya.
Elle est juriste de formation, activiste des droits humains, chargée de plaidoyer et partenariat à Afia mama asbl.
Ketsia-divine MISEYA a fait ses études primaires au Complexe Scolaire Bongwana et a poursuivi ses études secondaires et humanitaires au Lycée Motema Mpiko en option latin-philo. Son diplôme d’Etat lui a ouvert les portes de l’université, UCC en particulier où elle a obtenu avec mention grande distinction son diplôme de master en Droit en 2023.
Fort d’un leadership et d’un engagement social dont elle a fait montre tout au long de son parcours estudiantin, elle a dirigé entre 2022 et 2023, la dynamique femme UCC, une structure estudiantine destinée à l’éveil de conscience de la jeune étudiante. Elle a par ailleurs assumé pendant 3ans le rôle de cheffe de filière mais également travaillé au sein de la coordination estudiantine.
Conférencière et formatrice, elle anime régulièrement des conférences et ateliers de formation au sein des universités et autres structures.
- Rédaction : La Congolaise au centre des ambitions. Que vous inspire cette thématique ?
Ketsia-Divine Miseya : C’est une thématique qui renferme un besoin particulier, celui de voir la femme congolaise active. Quant à moi, implicitement c’est un appel à l’action de toutes les parties prenantes pour repenser le rôle de la femme.
- Rédaction : Que faites- vous pour participer au développement de votre communauté ?
Ketsia-Divine Miseya : De par ma profession, j’amplifie la voix des sans voix : les personnes marginalisées, les femmes victimes des différentes formes de violence… Je mets aussi la pression aux politiques à travers des plaidoyers pour que la dignité et les droit humains soient respectés. A travers des sensibilisations et renforcement des capacités, je déconstruis les stéréotypes de genre, je brise les barrières imposées aux uns et aux autres à leur développement personnel et professionnel.
Je reste très engagée dans ma communauté ecclésiastique, dans diverses actions caritatives et formation des autres jeunes.
Rédaction : Quel est le plus grand héritage que laisserez-vous à la prochaine génération ?
Ketsia-Divine Miseya : Le savoir. Un vieil adage populaire dit : « Si tu me donnes du poisson, je vais manger ; mais si tu m’apprends à pêcher, je n’aurai plus jamais faim »
Investir dans l’être humain est pour moi un leitmotiv.
Rédaction : Quel est votre perspective pour un Congo meilleur ?
Ketsia-Divine Miseya : Un Congo meilleur ne peut se construire que dans l’amour du pays, l’amour de son frère congolais. La diversité culturelle, les richesses, le climat, la population… dont Dieu a doté ce pays est une preuve que si nous mettons de la rigueur, de la volonté et de l’intelligence sur une base d’unité, la RDC rayonnera dans le concert des Nations.
Rédaction : La situation sécuritaire à l’Est de la RDC s’est dégradée. Qu’en pensez-vous ?
Ketsia-Divine Miseya : C’est déchirant, c’est révoltant, c’est inhumain, ce qui se passe dans la partie Est de notre pays. Il est temps que cette agression cesse et que les coupables soient sévèrement punis. La population congolaise paie le lourd tribut de des atrocités, la cause de la patrie doit être défendue.
Je salue la position de la communauté internationale qui depuis lors, concrétise leur position dans les diverses sanctions et dans la reconnaissance du Rwanda comme soutenant le mouvement rebelle AFC-M23.
A l’interne, j’exhorte les autorités politico-étatiques d’exploiter toutes les pistes de solutions nécessaires pour que la paix soit restaurée dans cette partie de notre pays.
- Rédaction : Des femmes violées et tuées, le viol est utilisé comme arme de guerre.
Avez-vous un message à adresser à la population à l’Est ?
À la population congolaise, j’exhorte à la vigilance, à la fin des discours de tribalisme et de haine, en particulier la jeunesse. Comme le disait Frantz fanon, notre génération doit découvrir dans une relative opacité sa mission, la trahir ou l’accomplir.
- Rédaction : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes et aux femmes de la RDC ?Ketsia-Divine Miseya : Chaque être humain est unique, spécial. La comparaison n’est pas raison. Il faut découvrir sa mission de vie et travailler à l’accomplir. C’est comme ça que nous pouvons contribuer à la plus belle des façons à l’avancement du monde et même à son propre ’épanouissement personnel. Certes, le parcours ne sera pas facile, il faut une dose de détermination et d’enthousiasme.
Joséphine Mawete


