Le développement du sport en République Démocratique du Congo est entravé par une combinaison de facteurs politiques, économiques et de gouvernance. Pour que les fédérations sportives puissent émerger, il est essentiel de s’attaquer à ces problèmes de manière globale et coordonnée. Secrétaire général adjoint de la Fédération congolaise de kick boxing, full contact et affinitaires ( Fecokifa), Roddy Mutombo s’est confié à notre rédaction. Pour Zolanews.net, il est revenu sur la manière dont la fédération fonctionne et organise ces activités. Entretien.
- Zolanews : Vous êtes dans cette fédération depuis quelques années déjà, racontez nous comment ça se passe ?
Roddy Mutombo : Je suis le secrétaire général adjoint de la Fédération de kick boxing, full contact et disciplines affinitaires. Dans cette Fédération, nous avons comme priorité, toutes les disciplines de pieds et de poings. Mais, actuellement avec le développement du monde, le kick boxing prend un peu de l’ampleur. Raison pour laquelle, nous mettons en avant le kick boxing avec toutes les disciplines qui vont avec.
- ZN : Votre fédération est reconnue par l’État congolais ?
RM : Nous sommes reconnus par l’état congolais, jadis était l’union congolaise de full contact. Actuellement, nous avons muté à la fédération congolaise de kick boxing. Lorsque, nous étions à l’union, nous travaillions dans l’enceinte de la fédération congolaise de boxe. Et, après, nous avons eu notre autonomie pour devenir une fédération à part entière depuis 2009. Jusqu’à ce jour, nous sommes reconnus par l’état congolais. Nous avons tous les documents nécessaires pour qu’on soit une fédération.
- ZN : Votre fédération reçoit aussi le subvention de l’état congolais, puisqu’elle reconnue ?
RM : Malheureusement à cette question, nous ne recevrons pas de subvention de l’état congolais. Malheureusement, non. Nous travaillons avec les moyens de bord, nous travaillons avec des sponsors, avec nos propres cotisations et organisation personnelle. Mais également, nous fonctionnons avec certaines personnes de bonnes foies qui aiment le sport des combats, ce qui est dommage malheureusement.
- ZN: Comment faites-vous alors pour développer votre fédération ?
RM: Nous organisons des activités, nous avons des invitations au niveau international, mais nous ne savons pas trop réagir par rapport à ces invitations, parce que, nous en avons manqué plusieurs pour faute de moyens. Nous avons eu des invitations pour le Royaume-Uni, où nos athlètes étaient invités. Mais, nous ne sommes pas partis. Il aurait fallu avoir des visas, des billets d’avions et autres, ça n’a pas marché. L’année dernière, nous avons eu des invitations pour la Russie. On a pas pu y aller, faute de moyens toujours même en Afrique du Sud. Nous travaillons seulement avec des sponsors. Nous remercions justement toutes les personnes des bonnes foies qui nous assistent.
- ZN: Et, comment ça marche avec vos sponsors ?
RM: Nous avons vécu plusieurs événements. Par exemple Winner, le pari sportif nous soutient avec sa façon d’agir. Nous nous sommes énormément reconnaissant. Sans certaines entreprises en République Démocratique du Congo où des personnes de bonnes volontés, nous n’aurons pas pu avoir des gens qui voyagent comme ça. Présentement nous avons des combats en prélude. Nous préparons des combats et nous avons besoin d’aide de l’état congolais. L’année passée, nous avions organisé les combats entre la Republique Démocratique du Congo et le Congo Brazzaville. Cette année, il y aura la deuxième phase de ces combats. Nous comptons également traverser vers Brazzaville pour finir avec. Voilà, nous organisons des combats, avec des athlètes de qualité avec nos moyens de bord. Nos athlètes défendent valablement la République Démocratique du Congo, malheureusement, ils ne sont pas soutenus.
- ZN: Cela vous affecte à l’idée parfois d’abandonner la fédération ?
RM: C’est vraiment dommage. Mais, nous ne pourrons rien faire. C’est comme ça que ça se passe. Quand bien même nous serons reconnu par l’état congolais, mais nous ne recevrons aucun franc et nous travaillons avec nos propres moyens. C’est dommage mais, c’est ça la réalité.
- ZN: Maintenant, la fédération fonctionne comment ?
RM: Du point de vue du fonctionnement, je dirais que la fédération a également des ententes, dans toutes les provinces de la République Démocratique du Congo pour n’est pas parlé que de Kinshasa. Il y a l’entente de kin-ouest et kin-sud. Je salue également les présidents des ententes qui font de bons travaux. Il y a eu des combats, les mois passés. Nous travaillons avec des ententes à Kinshasa, Kongo centrale et autres. D’ailleurs les mois passés, il y a eu des nominations pour le concours. Il y a eu également l’équipe directrice du média. C’est comme ça que nous évoluons avec nos moyens des bords. Mais nous faisons de notre mieux, puisque le président David Tshimanga, président de la fédération est un fils maison. Il a tout son cœur dans cette fédération. Voilà, la fédération travaille par la force de son président qui est animé par la bonne foie et certains sponsors et personnes.
- ZN: Quel est votre message pour les autorités compétentes ?
RM: J’aimerais dire que la République Démocratique du Congo n’est pas un pays seulement du football. Notre pays est également une panoplie de disciplines. Malheureusement, le gouvernement se concentre plus sur le football même si les résultats ne viennent pas, on les mettent toujours de l’argent. Mais le kick boxing comme le Karaté, Judo… sont des disciplines à part entière avec beaucoup de qualités des potentialités. Nous avons les chances de ramener les médailles et de faire le nom de la République Démocratique du Congo. Si jamais on pouvait compter sur d’autres disciplines sportives, on pouvait voir différemment les choses en mesurant celà par rapport aux médailles, par rapport aux mérites que ces disciplines pouvaient ramener au pays. Si ça ne dépend que de moi, on devrait partager l’argent de la fédération de football à d’autres fédérations. Malheureusement, les résultats ne viennent pas directement. C’est un peu ça. Les autorités doivent regarder différemment d’autres fédérations.
Interview réalisée par Josaphat M


