Le jeudi 20 mars 2025, la Coordination Nationale des Jeunes Intercommunautaires de la République Démocratique du Congo (CNJIC/RDC), en partenariat avec la MONUSCO, a organisé un forum à Kinshasa consacré à la cohésion nationale, à la lutte contre les discours de haine et à la désinformation.
Rassemblant des jeunes de toutes les provinces et de diverses communautés linguistiques, cette initiative avait pour objectif de réfléchir aux moyens de préserver l’unité du pays dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux complexes.
Une approche multidimensionnelle de la cohésion nationale
Les organisateurs ont orienté les travaux vers une analyse approfondie des mécanismes susceptibles de renforcer la cohésion nationale.
Les débats ont porté sur la nécessité d’un engagement collectif de la jeunesse pour soutenir les processus de paix en cours, notamment ceux de Luanda et de Nairobi, jugés essentiels pour la stabilité du pays.
Il a été souligné que la compréhension des antécédents des conflits dans l’Est de la RDC, ainsi que l’analyse des facteurs internes et externes ayant conduit aux négociations, étaient indispensables pour appréhender les enjeux actuels.
Analyses et propositions d’experts
Lors des interventions, le Professeur Martin Ziakwau Lembisa a exposé, à partir d’une analyse des processus de Luanda et de Nairobi, que l’histoire des conflits dans l’Est de la RDC s’expliquait par une combinaison de facteurs internes et externes.
Il a insisté sur le rôle primordial que doit jouer la jeunesse dans la consolidation de la paix et dans la prise de conscience collective. Par ailleurs, un représentant de la division de la communication stratégique et de l’information publique de la MONUSCO a mis en exergue les dangers que représentent l’incitation à la haine et la désinformation.
Il a expliqué que l’exploitation de ces phénomènes par certains leaders politiques ou influents affaiblissait la cohésion sociale, et a évoqué la nécessité de former les jeunes à la tolérance, au respect des différences et à la responsabilité numérique.
De son côté, le Professeur Placide Mabaka, expert en droit constitutionnel, a rappelé que la Constitution de la République Démocratique du Congo consacrait la cohésion nationale comme un principe fondamental, appelant à une intégration exemplaire des diverses communautés dans le quotidien des citoyens.
Mobilisation et ateliers pratiques
L’appel à l’action des organisateurs était de mobiliser la jeunesse congolaise autour des valeurs du vivre ensemble et de faire d’elle une force motrice dans le soutien aux processus de paix de Luanda et de Nairobi.
Les participants ont été répartis en quatre groupes linguistiques, Swahili, Tshiluba, Lingala et Kikongo, afin de travailler de manière ciblée sur les défis spécifiques à leurs régions et de formuler des propositions concrètes pour renforcer la cohésion nationale.
Ces ateliers ont permis de dégager des pistes pour favoriser la réconciliation entre les différentes communautés et d’identifier des actions à mener au niveau local.
Un engagement culturel et artistique en soutien à la réconciliation
La journée s’est achevée par une prestation artistique qui a mis en valeur la diversité culturelle de la RDC.
Des slams en plusieurs langues nationales ont illustré, de manière créative, l’engagement de la jeunesse pour la paix et l’unité, traduisant ainsi leur volonté de contribuer activement à une réconciliation nationale durable.
Ce forum, en s’appuyant sur des analyses approfondies et des échanges structurés, s’inscrit comme une démarche innovante et résolument tourné vers l’avenir.
Il démontre que la jeunesse congolaise, consciente des défis sécuritaires et sociaux, est prête à endosser le rôle d’actrice majeure dans la construction d’une nation unie et pacifique.
Lydia Mangala


