La République démocratique du Congo a appelé l’Union africaine à sortir de la simple retenue diplomatique et à assumer pleinement ses responsabilités face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Cet appel a été lancé par la Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, lors de la 1321ᵉ réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA.
Des violations répétées qui fragilisent la paix régionale
Devant les membres du CPS, la cheffe de la diplomatie congolaise a dénoncé les violations flagrantes de l’Accord de Washington et de la résolution 2773, pointant notamment l’attaque récente d’Uvira par les éléments de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda.
Pour Kinshasa, ces actes constituent une remise en cause directe des engagements pris et un dangereux précédent pour la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
La Ministre d’État a insisté sur les conséquences humaines dramatiques de cette escalade, rappelant que plus de 500 000 personnes ont été déplacées en l’espace de quelques semaines.
Des familles entières ont été contraintes de fuir, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante et mettant à rude épreuve les capacités de réponse des autorités et des partenaires humanitaires.
Kinshasa exige des mesures fortes et dissuasives
Face à cette situation, la RDC appelle le Conseil de paix et de sécurité à aller au-delà des déclarations de principe. Thérèse Kayikwamba Wagner a plaidé pour des sanctions ciblées, une protection effective des civils, un accès humanitaire sans entrave et l’adoption de mesures dissuasives capables de prévenir toute récidive.
« La stabilité de la région des Grands Lacs ne peut être compromise par la banalisation de violations aussi manifestes, du fait de la spoliation des ressources minières congolaises par un seul État, le Rwanda, toujours impuni », a-t-elle déclaré, soulignant que l’inaction affaiblirait la crédibilité même de l’Union africaine.
Un enjeu de crédibilité pour l’Union africaine
Pour la RDC, l’enjeu dépasse largement ses frontières. Il s’agit de préserver la paix régionale, la souveraineté des États membres et la crédibilité des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits.
En s’adressant au CPS, Kinshasa a voulu rappeler que la paix ne peut être durable sans justice, ni sans une application rigoureuse des décisions prises collectivement.
À travers cette prise de parole, la diplomatie congolaise réaffirme sa détermination à défendre l’intégrité territoriale du pays et appelle l’Union africaine à se montrer à la hauteur des principes qu’elle incarne, pour que la loi du plus fort ne l’emporte pas sur le droit et la solidarité africains.
Lydia Mangala


