Kinshasa accueille depuis le 27 avril le 23ᵉ séminaire du Réseau Francophone des Régulateurs des Télécommunications (Fratel), une rencontre stratégique organisée conjointement par l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) et l’ARCEP France. La deuxième journée des travaux, tenue ce mardi 28 avril à l’hôtel Kin Plaza Arjaan by Rotana, a été officiellement ouverte par le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, dans un contexte marqué par des réflexions profondes sur la connectivité, la concurrence et la qualité des services numériques dans l’espace francophone.
Placée sous le thème « Comment stimuler le déploiement et la concurrence par le partage d’infrastructures et améliorer la qualité de service des nouveaux réseaux télécoms ? », cette édition réunit régulateurs, experts internationaux, décideurs politiques ainsi que plusieurs délégations parlementaires venues de différents pays membres du réseau.
La présence de députés, sénateurs et des conseillers du Chef de l’État et de la Première Ministre en charge des Postes et Télécommunications, a renforcé le caractère institutionnel et stratégique de cette rencontre, modérée par Guy Christian Moju.
Dans son allocution d’ouverture, le président de l’ARPTC, Christian Katende, a exprimé sa reconnaissance envers le réseau pour la confiance accordée à la RDC, tout en soulignant la portée économique et sociale du thème abordé.

« Le thème qui nous réunit n’est pas seulement une question technique : il constitue un enjeu économique et social. Nos populations doivent bénéficier de la meilleure qualité possible des services rendus disponibles grâce au numérique », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur la vision de transformation digitale portée par la RDC.
« Notre mission est de garantir une concurrence saine en facilitant le partage d’infrastructures performantes, d’encourager l’investissement dans la fibre optique, les centres de données et les points d’échange Internet afin de faire de la RDC un véritable carrefour numérique africain », a-t-il ajouté.

De son côté, la présidente de l’ARCEP France et présidente intérimaire de Fratel 2026, Laure de La Raudière, a rappelé les enjeux universels de la connectivité et le rôle central du partage d’infrastructures dans les zones à forte contrainte géographique et économique.
« La connectivité ne doit pas être un luxe, c’est une nécessité. Elle est devenue la condition d’accès aux services publics, à l’éducation, à la santé et à l’économie », a-t-elle souligné, insistant sur la pertinence des échanges entre régulateurs.

Dans son intervention, le ministre José Mpanda Kabangu a salué la tenue de ce séminaire en RDC, y voyant un signe de confiance envers la vision numérique du pays.
« Je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux États membres du réseau Fratel pour avoir porté leur choix sur la République Démocratique du Congo. Votre présence ici témoigne de la vitalité de notre coopération francophone », a-t-il déclaré.

Le ministre a également réaffirmé l’engagement du gouvernement dans la modernisation des infrastructures numériques.
« Nous encourageons activement la mutualisation des infrastructures afin d’accélérer la couverture nationale, réduire les coûts et améliorer la qualité de service pour tous les citoyens », a-t-il insisté, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux du séminaire.

Cette deuxième journée a également été marquée par des échanges techniques structurés autour de trois tables rondes majeures. La première table ronde, consacrée aux « impacts des modes de partage d’infrastructures mobiles sur la concurrence », a été présidée par Mme Patricia Amand, membre du conseil de l’ARTCI en Côte d’Ivoire. Les discussions ont porté sur les avantages économiques du partage d’infrastructures, mais aussi sur les risques liés à la réduction de la concurrence et de l’innovation.

La deuxième table ronde, intitulée « Comment faciliter le déploiement des réseaux de fibre optique dans une dynamique favorisant la concurrence et l’innovation ? », a été présidée par Lydie Omanga, vice-présidente de l’ARPTC. Les experts ont exploré les modèles de co-investissement, de mutualisation et les défis liés à la régulation des infrastructures de backbone national, notamment dans les zones rurales.

Enfin, la troisième table ronde, consacrée aux « mesures pour s’assurer de la qualité d’exploitation des nouveaux réseaux télécoms », a été présidée par Jean-Célestin Endoke, directeur des affaires juridiques et internationales de l’ARPCE République du Congo. Les échanges ont mis l’accent sur la maintenance, la fiabilité des réseaux et les mécanismes de contrôle de la qualité de service.
En marge des tables rondes, un atelier sur la protection des données et la lutte contre la désinformation a été animé par Thys Kazad, responsable des politiques publiques Afrique francophone chez Meta, apportant un éclairage sur les enjeux numériques contemporains.

La journée a également été enrichie par une prestation artistique de Yekima De Bel Art, qui a offert une immersion culturelle dans la capitale congolaise, mettant en lumière Kinshasa comme capitale de la régulation en Afrique Francophone, ville de la rumba, de la Sape et de la diversité créative africaine.
Les recommandations issues des différentes tables rondes serviront pour l’adoption de pistes de coopération renforcée entre régulateurs francophones. Les participants plancheront notamment sur la mise en œuvre de mécanismes communs pour améliorer la connectivité, accélérer le déploiement de la fibre optique et renforcer la qualité des services numériques sur le continent.
Lydia Mangala


