À l’issue du deuxième Congrès de l’Union Sacrée pour la Nation (USN), tenu le samedi 30 août 2025 sous l’égide du chef de l’état, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a livré sa lecture politologique de cet événement majeur.
Selon lui, le congrès illustre la volonté du Président Tshisekedi de structurer un système politique cohérent, capable de consolider la gouvernance en RDC et de rompre avec l’éternel recommencement politique qui caractérise le pays depuis son indépendance.
La RDC à la croisée des chemins politiques

Depuis 1960, la RDC a connu de multiples régimes et gouvernements successifs.
Julien Paluku explique que, si le régime politique est la structure constitutionnelle et juridique de l’État (présidentiel, parlementaire ou semi-présidentiel), le système politique englobe l’ensemble des acteurs, des dynamiques internes et externes, et décrit le fonctionnement global du gouvernement.
« La RDC n’est ni un régime présidentiel comme les États-Unis, ni un régime parlementaire comme le Royaume-Uni, mais elle est apparentée à un régime semi-présidentiel sans en porter toutes les caractéristiques », précise-t-il, soulignant que la cohabitation FCC-CACH avait échoué car le Premier ministre était issu d’une famille politique différente de celle du Président.
Selon Paluku, ce constat met en évidence un manque criant d’un pouvoir organisateur cohérent de la vie politique et, par conséquent, l’absence d’un système politique stable.
L’Union Sacrée : construire une force politique durable
Pour pallier cette fragilité, le Président Tshisekedi a créé l’Union Sacrée pour la Nation (USN) le 23 octobre 2020. Julien
« L’objectif de l’USN, réaffirmé au cours du deuxième congrès, est de créer une véritable force politique capable de conserver le pouvoir de manière permanente afin d’assurer la continuité de l’action publique », indique Julien Paluku.
Cette démarche vise à éviter la table rase à chaque changement de gouvernement et à stabiliser la gouvernance, à l’instar de l’ANC en Afrique du Sud ou de la CCM en Tanzanie, deux partis qui ont réussi à structurer durablement leurs systèmes politiques nationaux.
Une plateforme républicaine et tropicalisée
Julien Paluku précise que l’USN traduit la volonté affichée par le Président Tshisekedi de construire désormais une plateforme autour des valeurs républicaines pour engager le pays dans une dynamique de développement de longue durée avec abnégation, dignité et intégrité morale.
Cette vision englobe plusieurs domaines clés :
– Gouvernance sécuritaire : consolidation de l’autorité de l’État et protection du territoire national
– Gouvernance économique : continuité des politiques économiques et développement durable
– Gouvernance environnementale et minière : exploitation responsable des ressources naturelles
– Gouvernance des infrastructures et urbaine : modernisation des axes routiers et des villes
« Voilà pourquoi le thème du congrès était : « Tous unis, écrivons l’histoire glorieuse de notre pays avec Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi et l’Union Sacrée de la Nation » », indique-t-il.
Appel à rejoindre le système Fatshi

Julien Paluku rappelle également son engagement personnel :
« Notre présence au gouvernement depuis 2019 confirme que nous faisons partie des éléments du système Fatshi pour apporter notre pierre à la construction de l’édifice », ajoute-t-il.
Il appelle ceux qui hésitent encore :
« Le temps est venu de rejoindre le système Fatshi, car la construction de la République a besoin d’un modèle tropicalisé et adapté aux réalités congolaises ».
Selon lui, cette démarche permettra à la RDC de relever le défi de l’éternel recommencement et de construire un système politique stable et pérenne.
Une perspective d’émancipation et d’unité nationale
Le ministre conclut sur une note d’espérance :
« Que Dieu entende ma voix, nous aide à corriger les imperfections, convertisse et rassure ceux qui doutent encore afin qu’ensemble nous puissions nous émanciper des modèles traditionnels de gouvernance improductifs. Vive un Congo uni, fort et prospère ! », implore-t-il.
Le deuxième Congrès de l’Union Sacrée pour la Nation apparaît ainsi comme un jalon majeur dans la consolidation du système politique congolais et dans la mobilisation des acteurs autour d’une vision nationale inclusive, capable de stabiliser la gouvernance et de promouvoir le développement durable.
Lydia Mangala


