L’École nationale d’administration (ENA) de la République démocratique du Congo a célébré, le mardi 10 février 2026, une triple cérémonie marquant la clôture de la 9ᵉ promotion “Mamadou Ndala”, l’ouverture officielle de la 10ᵉ promotion, ainsi que le jubilé des dix ans d’existence de cette institution stratégique dédiée à la formation de l’élite administrative congolaise.
Placée sous le Haut Patronage du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la cérémonie s’est tenue en présence de la Première ministre, de plusieurs membres du Gouvernement, du corps diplomatique accrédité en RDC, ainsi que de nombreuses personnalités politiques, administratives et académiques.
Former la compétence pour bâtir l’État
Dans son allocution, le Directeur général de l’ENA, Tombola Muke, est revenu sur la philosophie fondatrice de l’institution, mettant en avant le lien indissociable entre développement et compétence.
« Les nations ne se développent pas par hasard, mais par la compétence. C’est l’intelligence qui façonne le destin des peuples », a-t-il déclaré.
Depuis sa création, l’ENA a formé 842 énarques et administrateurs civils, recrutés exclusivement par concours à travers l’ensemble du territoire national, garantissant ainsi la méritocratie, l’égalité des chances et l’excellence. Ces apprenants ont suivi un programme intensif de 825 heures de formation en salle, axé sur la rigueur, l’éthique, la performance et le patriotisme.
Pour le Directeur général, ces cadres constituent une véritable coalition de serviteurs de l’État, appelés à relever les défis structurels de la RDC.
« Voici les hommes, voici les femmes, l’élevin qui fera monter la pâte », a-t-il lancé.
Une vision présidentielle pour une administration forte
Par sa présence, le Chef de l’État a adressé un message fort à la Nation, rappelant que la qualité de l’Administration publique repose avant tout sur la qualité des femmes et des hommes qui la servent. Il a souligné qu’un État fort se construit à travers des ressources humaines compétentes, une chaîne de commandement claire, des procédures efficaces, une culture du résultat et une éthique rigoureuse.

Prenant la parole à son tour, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé que la réforme de l’Administration publique conduite par son ministère repose sur trois piliers essentiels : les hommes, les règles et les outils.
Les hommes sont formés, les règles modernisées et les outils progressivement numérisés, afin de bâtir une Administration performante, moderne et orientée vers les résultats.
Des résultats concrets et des perspectives renforcées
L’ENA commence déjà à récolter les fruits de son investissement dans l’excellence. À titre illustratif, le Directeur général a cité la nomination, en novembre 2025, de Bienvenue Ilambo, ancien élève de la 4ᵉ promotion « Nelson Mandela », en qualité de Conseiller spécial du Président de la République en matière de communication.
Grâce à l’appui de partenaires belges et français, l’ENA a également renforcé son programme de formation initiale, désormais composé de 49 cours pour un volume horaire de 1 373 heures, intégrant l’enseignement intensif de l’anglais, la pensée critique et le développement de compétences pratiques.
Dans la même dynamique, un vaste programme de formation continue destiné à l’ensemble des agents de carrière des services publics de l’État sera lancé dans les prochains jours, conformément au décret signé par la Première ministre.
Une institution au cœur de la réforme de l’État
Créée il y a dix ans, l’École nationale d’administration de la RDC est une institution publique stratégique chargée du recrutement et de la formation des hauts cadres de l’administration de l’État. Sa mission est de doter le pays d’administrateurs civils compétents, intègres et patriotes, capables de concevoir, mettre en œuvre et évaluer efficacement les politiques publiques.
Avec l’entrée de la 10ᵉ promotion et un total de 842 énarques formés, l’ENA s’impose plus que jamais comme un pilier central de la réforme de l’État et de la construction d’une Administration congolaise forte, moderne et méritocratique.
Lydia Mangala


