La ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a procédé, le jeudi 23 avril à Kananga, au lancement officiel de l’atelier d’élaboration de la stratégie de pérennisation des acquis du projet « Prévention et réponse holistique aux violences basées sur le genre (VBG) ». Une étape importante pour un programme soutenu par l’agence coréenne KOICA, qui marque aujourd’hui un tournant vers une appropriation nationale plus affirmée.
Dans une salle réunissant partenaires techniques et financiers, représentants institutionnels et acteurs engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes, l’atmosphère était à la fois sérieuse et déterminée. Dès l’ouverture des travaux, la ministre a salué la qualité du partenariat entre le gouvernement congolais, la République de Corée à travers la KOICA, et le système des Nations Unies, qu’elle a qualifié d’exemplaire.
Mais au-delà du partenariat, c’est surtout le sens même du projet qui a été mis en avant. Pour la ministre, il ne s’agit pas d’un simple programme technique, mais d’une réponse concrète à une réalité sociale profonde. Les violences basées sur le genre restent un frein majeur au développement du pays, impactant directement l’autonomisation des femmes et la cohésion sociale.
Alors que le financement extérieur arrive progressivement à son terme, le gouvernement affirme qu’il ne s’agit pas d’un arrêt, mais d’une transition vers une gestion locale, plus autonome et plus durable. Dans cette logique, la ministre a insisté sur la nécessité de passer à l’action, en mettant en place des mécanismes solides pour faire face à ce fléau de manière structurée.

Parmi les avancées majeures évoquées figure la structuration des Centres Intégrés des Services Multisectoriels (CISM). Grâce au décret adopté en février 2023, ces centres disposent désormais d’un cadre légal clair pour assurer une prise en charge complète des survivantes de violences. Micheline Ombae Kalama a également annoncé que les arrêtés relatifs à leur fonctionnement, notamment le règlement intérieur et la mise en place du Comité National de Coordination (CNC), ont été signés, tandis que la désignation des équipes d’animation est en cours.
Cette démarche s’inscrit dans la vision portée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, engagé en faveur de la promotion de la « masculinité positive », et mise en œuvre par le gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka.
Désormais, l’action du ministère s’articule autour de priorités claires, notamment le renforcement des politiques sectorielles. L’objectif est de capitaliser sur les acquis du projet pilote pour bâtir un système plus solide, capable de répondre efficacement aux violences sur l’ensemble du territoire national.
L’enjeu est de transformer une initiative soutenue par des partenaires internationaux en un dispositif durable, porté par les institutions congolaises elles-mêmes. À terme, cette stratégie vise à garantir une protection continue des femmes et des filles, non seulement au Kasaï-Central, mais aussi dans d’autres provinces comme Kinshasa et le Sud-Kivu.
À Kananga, cet atelier apparaît ainsi comme un moment où un projet arrive à maturité et ouvre la voie à une réponse nationale, structurée et pérenne face aux violences basées sur le genre.
Lydia Mangala


