Présent à un panel de haut niveau en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods à Washington, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a porté la voix de la République démocratique du Congo en plaidant pour des mesures concrètes capables d’accélérer la transformation économique du continent africain.
Dans ce cadre, lors d’un panel consacré aux politiques publiques pour la croissance industrielle et la création d’emplois en Afrique, organisé en marge des réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, il a insisté sur l’urgence de dépasser le stade des discussions pour passer à des actions tangibles sur le terrain.
Face à d’autres panélistes internationaux, il a dressé le constat selon lequel l’Afrique ne peut plus se contenter de multiplier forums et conférences sans retombées concrètes. Pour lui, le véritable défi réside désormais dans la mise en œuvre effective des engagements pris, sur le terrain.
Il a egalement souligné que la transformation économique du continent passe par un changement de modèle. Il s’agit de quitter une économie largement tournée vers l’exportation de matières premières brutes pour construire des chaînes de valeur régionales solides, capables de générer de la richesse et de l’emploi localement.
Pour y parvenir, plusieurs leviers ont été mis en avant. Le ministre a notamment insisté sur la modernisation des infrastructures et des corridors de transport, essentiels pour fluidifier les échanges. Il a également évoqué la nécessité de réduire les coûts logistiques, encore parmi les plus élevés au monde, qui freinent la compétitivité des économies africaines.
La question énergétique occupe également une place centrale dans cette vision. La RDC, avec le potentiel du site d’Inga estimé à près de 100 000 mégawatts, dispose d’un atout stratégique pour soutenir l’industrialisation régionale. À cela s’ajoutent le développement des zones économiques spéciales transfrontalières et le renforcement des infrastructures de production.
Sur le plan réglementaire, Julien Paluku a plaidé pour une harmonisation des règles commerciales et une mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine. L’élimination des barrières non tarifaires, la digitalisation des procédures douanières et l’interconnexion des guichets uniques figurent parmi les priorités évoquées pour faciliter les échanges et réduire les délais aux frontières.
Le capital humain n’a pas été en reste. Le ministre a souligné l’importance de développer les compétences et d’adapter les formations techniques aux besoins des secteurs stratégiques. Le soutien aux petites et moyennes entreprises, véritables moteurs de l’économie, a également été présenté comme un levier indispensable pour stimuler la création d’emplois.
Dans cette perspective, la RDC a proposé la mise en place de fonds de garantie et de programmes d’assistance technique destinés à renforcer le tissu économique local et à accompagner les entrepreneurs.
Pour Julien Paluku, le temps des intentions doit céder la place à celui des résultats, avec des politiques concrètes capables de transformer durablement les économies africaines.
Lydia Mangala


