À Kinshasa, au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a lancé, ce mercredi 8 avril, la première édition de la Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux Publics (CN-ITP), avec l’ambition de faire des infrastructures le socle de la transformation économique du pays. Placées sous le thème « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif », ces assises marquent un tournant stratégique dans la vision de développement de la République démocratique du Congo.
Dans son discours, le Chef de l’État a fixé un horizon précis.

« Ma vision est de faire de la République démocratique du Congo à l’horizon 2034, un pays pleinement intégré, moderne et compétitif sur la scène continentale », a-t-il déclaré.
Bien au-delà d’un simple catalogue de projets, cette vision s’inscrit dans une logique de transformation structurelle, où les infrastructures deviennent un levier de puissance, d’intégration territoriale et de souveraineté économique.
Le Président a insisté sur la nécessité de rompre avec les pratiques du passé.
« Nous devons sortir d’une logique de réparation permanente pour entrer dans une véritable culture de système qui planifie, qui norme, qui entretient, qui anticipe », a-t-il martelé, appelant à une approche rigoureuse intégrant innovation, durabilité et exigences climatiques.

Dans cette perspective, il a souligné que « le changement climatique nous impose désormais de penser des infrastructures résilientes », capables de résister aux aléas environnementaux de plus en plus fréquents.
Au cœur de cette ambition se trouve une relecture stratégique de la géographie congolaise.
« La République démocratique du Congo n’est pas condamnée à l’enclavement. Nous pouvons faire de notre géographie une force », a affirmé Félix Tshisekedi, appelant à transformer les corridors en richesse et les infrastructures en vecteurs de croissance.
Il a également mis en avant la vocation du pays à devenir un carrefour continental reliant l’océan Atlantique à l’océan Indien, ainsi que les différentes régions du continent.

Dans un passage particulièrement marquant, le Président a donné une dimension humaine à cette vision.
« Je eux que chaque route tracée devienne une artère nouvelle irriguant le cœur de nos provinces.
Que chaque infrastructure utile soit une pierre de plus posée à l’édifice de notre souveraineté économique et de notre puissance nationale », a-t-il déclaré, inscrivant ainsi les infrastructures au cœur du quotidien des populations.

Le Ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a pour sa part précisé les résultats attendus de ces assises.
« Ces assises de trois jours doivent être assorties de résultats concrets et immédiatement opérationnels », a-t-il indiqué, annonçant notamment l’élaboration d’une feuille de route 2026-2030, l’adoption d’une Déclaration de Kinshasa et la mise en place de mécanismes de suivi.
Dans la même dynamique, le secrétaire général aux Infrastructures, Georges Koshi Gimeya, a qualifié l’organisation de cette conférence de défi majeur à la hauteur des ambitions portées par le président de la République en matière de désenclavement, de compétitivité économique et de cohésion nationale.

Le Chef de l’État a également lancé un appel au secteur privé, national et international.
« Pour réussir ce pari, l’implication de toutes les parties prenantes est indispensable », a-t-il insisté, plaidant pour des partenariats public-privé équilibrés, transparents et mutuellement bénéfiques.
Dans un pays encore confronté à d’importants défis de connectivité et d’intégration territoriale, cette conférence est attendue comme un moment charnière, capable de traduire une vision ambitieuse en actions concrètes. Car, comme l’a souligné le Président, cette conférence ne doit pas être un forum d’intentions mais bien le point de départ d’une nouvelle ère où les infrastructures deviennent enfin le moteur du développement national.
Lydia Mangala


