Depuis son arrivée à la tête du ministère des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a engagé une série de réformes structurelles visant à moderniser la gestion des finances publiques, renforcer la transparence et améliorer la mobilisation des ressources internes de l’État. Ces mesures s’inscrivent dans la dynamique de consolidation de la stabilité macroéconomique et de renforcement de la crédibilité financière de la République démocratique du Congo.
Centralisation des ressources de l’État
Parmi les réformes majeures figure la mise en œuvre du Compte Unique du Trésor (CUT), un mécanisme destiné à centraliser l’ensemble des ressources publiques dans un seul compte. Cette mesure vise à mettre fin à la dispersion des fonds de l’État, à renforcer le contrôle des finances publiques et à optimiser la gestion de la trésorerie nationale.
Renforcement de la discipline budgétaire
Le ministère des Finances a également introduit un Plan de Trésorerie (PTR) afin de mieux planifier les décaissements de l’État. Cette démarche s’accompagne d’une rationalisation des dépenses publiques et d’un contrôle renforcé de la masse salariale de l’administration. L’objectif est de maîtriser le déficit budgétaire tout en garantissant la stabilité financière du pays.
Digitalisation et modernisation du système financier
La modernisation des finances publiques passe aussi par la digitalisation progressive des procédures fiscales et financières. L’introduction de la facture normalisée permet notamment de mieux tracer les transactions commerciales et d’améliorer la collecte fiscale. Des systèmes électroniques sont également déployés pour accroître la transparence et réduire les risques de fraude.
Réformes fiscales et élargissement de l’assiette
Dans le cadre de la mobilisation des recettes internes, le gouvernement s’est engagé dans un élargissement de l’assiette fiscale et dans la modernisation de la fiscalité directe. Par ailleurs, la RDC a conclu des conventions avec l’Organisation de coopération et de développement économiques dans le cadre du programme BEPS, visant à lutter contre l’évasion fiscale des multinationales.
Intensification de la lutte contre la fraude financière
Le ministère renforce également les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et la fraude financière. Grâce aux outils numériques et à une meilleure traçabilité des transactions, les autorités entendent améliorer la crédibilité du système financier congolais sur la scène internationale.
Réorganisation du secteur des jeux de hasard
Une réforme spécifique a été engagée dans le secteur des jeux de hasard, avec la mise en place d’un nouveau cadre fiscal modernisé. L’introduction de mécanismes d’identification numérique des parieurs devrait permettre de mieux réguler cette activité et de générer des recettes supplémentaires pour le Trésor public.
Mise en œuvre du budget-programme
Dans le cadre de la modernisation de la gouvernance publique, le gouvernement poursuit le déploiement du budget-programme, un modèle de gestion axé sur les résultats. Cette approche vise à renforcer la transparence budgétaire et à améliorer l’efficacité des dépenses publiques.
Coordination économique et stabilité macroéconomique
Ces réformes s’accompagnent d’une coordination étroite avec la Banque Centrale du Congo afin de préserver la stabilité macroéconomique. Les autorités entendent notamment soutenir la stabilisation du franc congolais et contenir l’inflation.
Mesures sociales et soutien au pouvoir d’achat
Parallèlement aux réformes structurelles, le gouvernement a engagé certaines mesures sociales, notamment des augmentations ciblées de salaires en faveur de plusieurs catégories professionnelles telles que les enseignants, les militaires et les médecins. Des allègements fiscaux sur certains produits de première nécessité ont également été envisagés pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages.
Renforcement de la crédibilité internationale
La stratégie économique du gouvernement s’appuie également sur les programmes conclus avec le Fonds monétaire international, dont les financements dépassent 2,8 milliards de dollars. Ces partenariats visent à accompagner les réformes économiques et à renforcer la confiance des partenaires internationaux envers l’économie congolaise.
Quatre piliers pour transformer les finances publiques
Dans l’ensemble, les réformes engagées par le ministre des Finances reposent sur quatre axes principaux :
• La transparence, grâce à la digitalisation et à la facture normalisée ;
• La rigueur budgétaire, avec le Plan de trésorerie et le Compte unique du Trésor ;
• La mobilisation accrue des recettes, à travers les réformes fiscales ;
• La crédibilité internationale, renforcée par la coopération avec les institutions financières internationales et la lutte contre le blanchiment des capitaux.
Il sied de noter que ces différentes initiatives traduisent la volonté des autorités congolaises de moderniser durablement la gestion des finances publiques et de consolider les bases d’une croissance économique plus stable et inclusive.
Joséphine Mawete


