L’attribution du titre de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, deux mois après la finale remportée sur le terrain par le Sénégal, provoque une onde de choc sans précédent. Entre accusations de corruption et dénonciation d’une parodie de justice, le « Sorcier Blanc » Claude Le Roy sort l’artillerie lourde contre les instances dirigeantes.
Le football africain vient de basculer dans une dimension irréelle. Ce mardi 17 mars 2026, la Confédération Africaine de Football (CAF) a officiellement destitué le Sénégal de son titre de champion d’Afrique au profit du Maroc. En cause : le retrait temporaire des Lions de la Téranga lors de la finale électrique du 18 janvier dernier à Rabat, au stade Prince Moulay Abdellah suite à un penalty litigieux. Si le match était allé à son terme, voyant Pape Gueye offrir le sacre aux siens (1-0), le Jury d’Appel a tranché. C’est un forfait administratif (3-0) pour le Maroc.
Pour Claude Le Roy, figure légendaire du football continental et ancien sélectionneur du Sénégal (1990-1992), cette décision dépasse l’entendement. Invité au micro de la Chaîne L’Équipe, celui qui a soulevé le trophée avec le Cameroun en 1988 n’a pas retenu ses coups.
« Je ne pouvais pas penser une seule seconde que la CAF pourrait aller aussi loin dans le grand-guignolesque », a-t-il lâché d’emblée.
L’ancien technicien pointe directement du doigt la gouvernance de l’instance basée au Caire, qu’il juge sous tutelle totale de la FIFA.« Quand on voit comment la CAF est dirigée par M. Motsepe, qui est le vassal de Gianni Infantino et qui voulait depuis le début absolument donner cette Coupe au Maroc… ». En fait, pour Le Roy, si le mérite sportif du Maroc sur l’ensemble du tournoi est indéniable, la vérité du terrain en finale appartenait au Sénégal, « meilleur » ce soir-là devant le mur rouge.
Le Roy ne s’arrête pas à une simple critique technique. Il dénonce un système qu’il juge opaque et politisé. Comparant le président de la FIFA à un « Trump du football africain », il fustige une ingérence permanente dans les compétitions du continent.
« Ça fait des années que toutes les décisions arbitrales sont bafouées par la CAF. En Afrique, (Infantino)se permet tout. Derrière tout ça, il y a plein de magouilles, plein de tambouilles », martèle-t-il avec amertume.
Au-delà de la frustration sénégalaise, c’est la crédibilité même du football africain qui est, selon lui, jetée en pâture au reste du monde. Alors que le Sénégal s’apprête sans doute à porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), Le Roy craint que le mal ne soit déjà fait.
« C’est pitoyable pour l’image que donne encore la CAF. Je crois que cette décision, hélas pour ce continent que j’aime tant, va faire rire toute la planète football. », poursuit-il.
Si le Maroc célèbre aujourd’hui son deuxième sacre continental, quarante-neuf ans après celui de 1976, ce titre restera à jamais marqué par le sceau de la polémique. Entre les bureaux de la CAF et les tribunaux de Lausanne, la finale de la CAN 2025 est loin d’avoir livré son dernier verdict.
Josaphat Mayi



Le Roy ne s’arrête pas à une simple critique technique. Il dénonce un système qu’il juge opaque et politisé. Comparant le président de la FIFA à un « Trump du football africain », il fustige une ingérence permanente dans les compétitions du continent.