À Kinshasa, le ton monte. Plusieurs mouvements citoyens et organisations de défense des droits humains ont officiellement lancé, ce mardi 10 février 2026, une campagne baptisée « Sauvons Kinshasa », destinée à interpeller les autorités sur la gestion actuelle de la capitale congolaise.
Réunis devant la presse, ces acteurs de la société civile ont exprimé leur profonde préoccupation face à ce qu’ils qualifient de « dérives graves » dans la gouvernance de la ville sous l’administration du gouverneur Daniel Bumba.
Des accusations de gestion opaque
Au cœur des revendications : des soupçons de détournement de fonds publics et l’existence présumée d’une entreprise privée, EDER SERVICE S.A.R.L, qui serait, selon le collectif, impliquée dans une gestion jugée opaque de certaines ressources financières de la ville-province.
Les organisateurs affirment détenir des éléments « probants » qu’ils comptent transmettre aux instances compétentes, notamment l’Inspection générale des finances (IGF), le Procureur général de la République ainsi que la Présidence de la République.
« Kinshasa se dégrade malgré les moyens engagés »
Prenant la parole au nom du collectif, Kasongo Ilunga, activiste et coordonnateur du mouvement, a dénoncé ce qu’il appelle un « silence complice » autour de la situation de la capitale.
« Le Président de la République, la Première Ministre et le Gouvernement central mobilisent des fonds importants pour l’assainissement de Kinshasa. Mais sur le terrain, les résultats sont invisibles. La population continue de souffrir », a-t-il déclaré.
Selon lui, la ville fait face à une dégradation continue caractérisée par la recrudescence des inondations, l’insalubrité persistante, la pollution, l’insécurité et la détérioration avancée des infrastructures routières.
Une marche pacifique annoncée
Dans cette dynamique, le collectif annonce l’organisation d’une marche pacifique ce jeudi 12 février 2026, avec un point de chute prévu à l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Les initiateurs affirment vouloir réclamer la démission du gouverneur Daniel Bumba et exiger une gestion « plus transparente et responsable » des finances publiques.
Ils insistent toutefois sur le caractère strictement citoyen et non partisan de leur démarche.
« Il ne s’agit pas d’un combat politique, mais d’une exigence de redevabilité », ont-ils précisé, appelant l’ensemble des Kinois et les organisations engagées dans la lutte contre la corruption à se mobiliser.
Les organisateurs assurent que la marche se déroulera dans le respect des lois et sans violence, soulignant que leur objectif est de renforcer la culture de responsabilité publique et d’encourager une gouvernance urbaine orientée vers l’intérêt général.
Alors que Kinshasa demeure confrontée à d’importants défis structurels, cette mobilisation pourrait relancer le débat sur la gestion de la ville-province et sur le rôle de la société civile dans le contrôle de l’action publique.
Joséphine Mawete


