Alors qu’il semblait intouchable après l’épopée qatarie, Walid Regragui, sélectionneur des Lions de l’Atlas a, selon plusieurs sources concordantes dont Foot Mercato, déposé sa démission. Un coup de tonnerre qui intervient quelques semaines seulement après la cruelle défaite en finale de la CAN face au Sénégal (0-1).
Le destin d’un grand coach tient parfois à un souffle, ou plutôt à un geste. À Rabat, le Maroc était à un cheveu de briser sa malédiction continentale qui dure depuis 1976. À la 98e minute d’une finale irrespirable, les Lions obtiennent un penalty. La suite appartient déjà à la douloureuse histoire du sport national. Brahim Diaz s’élance et tente une panenka, captée sans sourciller par Édouard Mendy. Un choix audacieux devenu tragique, puisque le Sénégal finira par s’imposer en prolongation.
Pour Regragui, ce revers semble avoir été celui de trop. À 50 ans, le technicien, sacré meilleur entraîneur de la compétition malgré la défaite, paraît physiquement et mentalement usé. Cette décision de partir, qui aurait été mûrie avant même le tournoi en cas d’échec final, témoigne d’une certaine lassitude face à l’immense pression populaire et médiatique.
Si la démission a été posée sur la table, le ballon est désormais dans le camp de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). Pour l’heure, aucune décision n’a été actée. Le dilemme est de taille. En fait, accepter le départ, c’est plonger dans l’inconnu et entamer une quête effrénée pour un nouveau sélectionneur à seulement quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026.
De l’autre côté, refuser la démission, c’est maintenir un homme qui a exprimé son besoin de recul, tout en espérant qu’il retrouve la flamme pour guider son groupe vers un nouvel exploit mondial. Pour l’heure, le temps presse. Avec une échéance planétaire aux États-Unis, au Canada et au Mexique qui pointe à l’horizon, le Maroc ne peut se permettre une crise de gouvernance prolongée.
Walid Regragui, celui qui a fait rêver tout un peuple et tout un continent en 2022, sera-t-il encore sur le banc pour tenter de dépasser le stade des demi-finales ? Le Royaume retient son souffle, partagé entre la gratitude pour l’homme qui a replacé le Maroc sur la carte du monde et l’incertitude d’un avenir qui s’écrit soudainement en pointillés.
Josaphat Mayi


