La publication de l’Arrêté ministériel n°008/CAB.VPMIN/FP-MA-ISP/JPL/2026 du 28 janvier 2026, portant mise en place générale des Secrétaires généraux de l’Administration publique, suscite une vive indignation au sein de l’Association des Femmes d’Exception du Congo (FDEC).
Dans un communiqué rendu public ce vendredi 30 janvier 2025 à Kinshasa, la FDEC alerte sur un déséquilibre criant dans ces nominations. Sur les 69 personnes nommées, moins de dix sont des femmes, une situation que l’organisation qualifie d’atteinte grave au principe d’égalité entre les femmes et les hommes.
Une décision en contradiction avec les engagements de l’État
Pour la FDEC, cette faible représentation féminine envoie un signal contradictoire par rapport à la vision de gouvernance inclusive portée au plus haut sommet de l’État.
Depuis son accession au pouvoir, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est illustré comme Champion de la Masculinité Positive et He for She, multipliant les actions en faveur de la promotion des femmes à des postes de décision, notamment avec la nomination historique d’une femme Première ministre et l’atteinte d’un taux de représentation féminine supérieur à 30 % au sein du Gouvernement.
L’Administration publique, pilier fondamental de l’État, devrait selon la FDEC refléter la diversité et la richesse humaine de la société congolaise. En marginalisant les femmes dans les plus hautes sphères administratives, l’arrêté viole non seulement l’esprit de gouvernance inclusive, mais aussi l’article 14 de la Constitution de la République démocratique du Congo, qui consacre l’égalité entre la femme et l’homme et impose à l’État des obligations claires en matière de parité.
La FDEC exige des mesures contraignantes pour une gouvernance inclusive
Au-delà du cadre national, la RDC est également liée par des engagements régionaux et continentaux, notamment l’Acte constitutif de l’Union africaine, l’Agenda 2063 et la Stratégie de l’Union africaine pour l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes (GEWE 2018-2028), qui recommandent une représentation féminine minimale de 30 % dans les institutions publiques.
Face à cette situation, la FDEC dénonce fermement une gouvernance qui continue de reléguer les femmes à la marge, alors qu’elles constituent une part essentielle des compétences, de l’expertise et du leadership du pays.
En conséquence, l’organisation exige :
– L’adoption d’instructions claires, contraignantes et publiques garantissant un seuil minimum de 30 % de femmes dans toute future nomination au sein de l’Administration publique et des structures étatiques ;
– La déclaration de non-opposabilité de toute décision de nomination ne respectant pas ce seuil ;
– La transformation des grands corps de l’État en véritables moteurs de la gouvernance inclusive.
Pour la FDEC, la gouvernance inclusive ne peut plus rester un simple slogan. Elle doit se traduire par des actes concrets, à commencer par l’Administration publique.
L’association réaffirme sa détermination à rester mobilisée, vigilante et engagée jusqu’à ce que l’égalité entre les femmes et les hommes devienne une réalité effective en République démocratique du Congo.


Lydia Mangala


