Kinshasa, 27 janvier 2026 – Le Ministère du Portefeuille a officiellement lancé, ce mardi à Kinshasa, les travaux d’analyse et de validation des prévisions budgétaires des entreprises publiques du Portefeuille de l’État pour l’exercice 2026. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence de Madame Julie Shiku, Ministre du Portefeuille, en présence des membres du Conseil supérieur du Portefeuille (CSP), des mandataires publics, ainsi que des Présidents des Conseils d’administration et Directeurs généraux des entreprises concernées.
Cette étape stratégique marque un tournant décisif dans le pilotage des entreprises publiques, désormais appelées à inscrire leur gestion dans une logique de planification, de performance et de responsabilité accrue.
Un cadre méthodologique rigoureux orienté vers les résultats
Dans son mot introductif, le Président a.i. du Conseil supérieur du Portefeuille a présenté le dispositif méthodologique encadrant ces travaux. Celui-ci repose sur une analyse approfondie des documents budgétaires, complétée par des sessions en commissions mixtes réunissant les experts du CSP et ceux des entreprises publiques.
S’appuyant sur les enseignements tirés de l’exercice 2025, il a souligné la faible contribution actuelle des entreprises publiques à la richesse nationale, leur valeur ajoutée cumulée représentant moins de 2 % du PIB courant. Il a néanmoins relevé des avancées notables en matière de rationalisation des charges de personnel, avec une baisse moyenne estimée à 9 % en 2025, tout en pointant la persistance d’importantes disparités de performance entre entreprises.
Discipline budgétaire et gouvernance : un rappel ferme de la Ministre
Prenant la parole, la Ministre du Portefeuille a rappelé que ces travaux ne constituent ni une formalité administrative ni un simple rituel institutionnel, mais bien un acte majeur de gouvernance et de redevabilité.
« Le pilotage des entreprises du Portefeuille de l’État ne saurait plus s’inscrire dans une logique conjoncturelle ou réactive. Il doit désormais s’adosser à une vision stratégique pluriannuelle, fondée sur la planification, l’anticipation et la performance », a-t-elle déclaré.
La Ministre a déploré avec gravité le faible taux de transmission des prévisions budgétaires pour l’exercice 2026, malgré la prorogation exceptionnelle de l’échéance au 9 janvier 2026. À ce jour, seules huit entreprises se sont conformées à cette obligation, à savoir : REGIDESO, SNCC, SONAS, ONATRA, SONAL, COBIL, SONA-HYDROC et LMC.
« Une telle situation constitue un manquement caractérisé aux principes de bonne gouvernance et de discipline administrative, et ne saurait être tolérée », a-t-elle martelé, accordant un délai impératif de huit jours aux entreprises défaillantes pour produire des prévisions sincères et réalistes.
Le budget, un instrument central de pilotage stratégique
Insistant sur la portée stratégique de l’exercice budgétaire, la Ministre a rappelé que le budget engage la crédibilité des organes de gouvernance, conditionne la soutenabilité des investissements et permet une évaluation objective des performances.
« Le budget ne doit plus être perçu comme une simple obligation réglementaire. Il constitue un instrument central de pilotage stratégique, opérationnel et financier de l’entreprise », a-t-elle souligné.
Elle a également rappelé que les orientations fixées par sa lettre circulaire du 5 décembre 2025 s’inscrivent dans le cadre du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028, inspiré de la vision du Président de la République, visant à faire du Portefeuille de l’État un levier structurant de la croissance économique, de l’industrialisation et du développement social.
Vers des contrats de performance et une digitalisation accrue
La Ministre du Portefeuille a précisé que les prévisions budgétaires validées à l’issue de ces travaux vaudront contrats de performance entre l’État actionnaire et chacune des entreprises publiques. Leur exécution fera l’objet d’un suivi rigoureux et d’évaluations périodiques, fondées sur des indicateurs de performance clairement formalisés.
« Je vous demande de vous conformer strictement au calendrier des travaux en commission mixte, tant en ce qui concerne le respect des horaires que la mobilisation effective de vos équipes techniques », a-t-elle insisté.
Dans la même dynamique, elle a réaffirmé la volonté du Gouvernement d’accélérer la digitalisation des processus de gestion, afin de renforcer la traçabilité, la fiabilité de l’information financière et la célérité des mécanismes de contrôle.
Un appel à une culture durable de résultats
Clôturant son intervention, la Ministre a appelé à l’ancrage durable d’une culture de résultats, de transparence et de responsabilité au sein du Portefeuille de l’État, au service exclusif de l’intérêt général.
« Cette démarche doit ancrer durablement une culture de résultats conforme aux exigences de bonne gouvernance et au devoir républicain », a-t-elle conclu, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de validation des prévisions budgétaires de l’exercice social 2026.
Joséphine Mawete


