L’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO) tire la sonnette d’alarme sur la situation administrative et opérationnelle des chauffeurs dans la capitale congolaise. Selon les chiffres communiqués par le président provincial de l’association, Bienvenue Kakule, seulement 5 % des chauffeurs de Kinshasa sont en règle avec le paiement des taxes et possèdent tous les documents exigés par le gouvernement provincial.
Face à cette situation préoccupante, l’ACCO a sollicité une mesure de grâce auprès du gouverneur de la ville, afin de permettre aux chauffeurs de régulariser leur situation sans subir de sanctions immédiates.
« Même un mois serait suffisant pour que chacun puisse se mettre en règle correctement », a précisé le président Bienvenue Kakule.
L’ACCO plaide pour une approche progressive et constructive
L’association met en garde contre une application brutale des sanctions, qui pourrait entraîner des perturbations majeures dans la circulation de Kinshasa. Selon Bienvenue Kakule, la majorité des chauffeurs n’a pas encore pu acquérir tous les documents nécessaires pour circuler légalement et certains ne disposent pas des moyens financiers suffisants pour se conformer immédiatement aux obligations fiscales.
« Il faudrait examiner tous ces paramètres : les chauffeurs seront-ils en mesure de payer toutes ces taxes de manière urgente ? Plusieurs facteurs influent directement sur le bien-être des Kinois », a-t-il expliqué.
L’ACCO propose donc une approche progressive, tenant compte des réalités économiques des conducteurs, et des mesures de sensibilisation avant toute sanction.
L’association souligne également l’importance d’accompagner les mesures de régularisation par des solutions pratiques, notamment le déploiement de bus pour la classe moyenne afin de réduire la pression sur les chauffeurs individuels et fluidifier le trafic.
Déploiement des 3 000 agents : une mesure contestée
L’ACCO s’est également prononcée sur le récent déploiement de 3 000 agents dans 60 carrefours de Kinshasa. Chargés de réguler la circulation et de contrôler les documents des véhicules (permis de conduire, vignette, assurance, etc.), ces agents suscitent de vives inquiétudes parmi les chauffeurs.
Selon Bienvenue Kakule, cette mesure doit être réorientée.
« Les agents doivent se concentrer sur la régulation des embouteillages, en collaboration avec la police routière, et non pour matraquer les chauffeurs », a-t-il insisté.
L’ACCO appelle à un dialogue constructif avec l’autorité urbaine pour trouver des solutions adaptées, et à une période de sensibilisation avant toute sanction coercitive.
Le président de l’ACCO a rappelé que la priorité doit être la fluidité du trafic et le bien-être des citoyens, notamment en tenant compte du revenu journalier des Kinois et du panier de la ménagère.
« Déployer 3 000 agents sur la chaussée de manière soudaine, c’est excessif. La priorité doit être la régulation des embouteillages, pas le harcèlement des chauffeurs », a-t-il martelé.
L’ACCO : un partenaire stratégique pour la circulation et la régularisation
L’Association des Chauffeurs du Congo se positionne comme un partenaire central du gouvernement provincial pour assurer la régularisation administrative et fiscale des conducteurs, tout en contribuant à la fluidité et la sécurité du trafic dans la capitale.
L’association appelle tous les chauffeurs à reprendre le travail dès demain matin et à signaler toute tracasserie afin de permettre une médiation efficace avec les autorités.
Pour Bienvenue Kakule et l’ACCO, l’objectif est de permettre aux chauffeurs de travailler dans un cadre légal sécurisé, tout en évitant des mesures coercitives qui pourraient aggraver les embouteillages et désordres urbains déjà préoccupants à Kinshasa.
La réussite de cette démarche repose sur la concertation entre chauffeurs, autorités urbaines et forces de l’ordre, et sur une approche progressive adaptée aux réalités économiques et sociales de la capitale.
Lydia Mangala


