Plus d’une semaine après le chaos qui a paralysé le Stade Prince Moulay Abdellah, la sidération laisse place à la justice sportive. Ce mardi, la commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF) se réunit en urgence pour statuer sur les incidents majeurs ayant entaché la finale de la CAN 2025. Entre l’image de marque de l’institution et la nécessité de faire preuve de fermeté, la CAF joue sa crédibilité.
Le 18 janvier 2026 restera gravé dans les mémoires, non pas pour le beau jeu, mais pour des scènes surréalistes qui n’ont pas leur place dans une finale continentale. Tout a basculé au cœur du match, alors que le score était de 0-0.
L’étincelle ? Un penalty sifflé en faveur du Maroc par l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala. Une décision vécue comme une injustice flagrante par le camp sénégalais, déclenchant une réaction en chaîne incontrôlable.
Furieux, les joueurs sénégalais ont purement et simplement quitté la pelouse, laissant planer l’ombre d’un abandon définitif avant de revenir après d’interminables négociations. Parallèlement, une tentative d’envahissement de terrain par des supporters sénégalais a paralysé la rencontre pendant près de 15 minutes. Des objets divers, dont une chaise, ont été projetés vers l’aire de jeu, obligeant les forces de l’ordre à une intervention musclée pour sécuriser les acteurs du match.
La main ferme de la Commission Disciplinaire ?

En fait, la réunion de ce mardi est scrutée par tout le continent. Pour la CAF, il ne s’agit plus seulement de sport, mais de diplomatie et de sécurité. Les premières mesures attendues pourraient frapper fort sur plusieurs fronts. Si le retrait momentané des joueurs et le comportement des supporters pèsent lourd dans le dossier, la commission pourrait opter pour des amendes record, voire des suspensions de terrain ou des matchs à huis clos pour les prochaines échéances internationales des Lions de la Teranga.
Et, si Jean-Jacques Ndala était au centre de la tempête, la gestion globale de l’événement par le comité d’organisation est également pointée du doigt. La CAF doit déterminer si les protocoles de sécurité ont été défaillants face à l’ampleur de la colère des tribunes.
Preuve de la gravité des faits, l’incident est désormais dans le viseur de la commission disciplinaire de la FIFA. Cette implication de l’instance mondiale met une pression supplémentaire sur la CAF pour rendre un verdict exemplaire et éviter que de tels débordements ne se reproduisent lors des futurs tournois mondiaux.
Alors que la polémique ne désenfle pas, la CAF se trouve à la croisée des chemins. Des sanctions trop légères seraient perçues comme un aveu de faiblesse, tandis qu’une sévérité excessive pourrait exacerber les tensions régionales. Ce qui est certain, c’est que le football africain attend un signal clair pour tourner la page de cette finale chaotique et préserver l’avenir de sa compétition reine.
Josaphat Mayi


