Des évolutions significatives se produisent au sein du gouvernement de la République Démocratique du Congo, suite à une déclaration du président Félix Tshisekedi sur la pénurie persistante de plaques d’immatriculation. Cette situation a conduit de nombreux automobilistes à circuler sans plaques conformes ou à utiliser des plaques temporaires obtenues de manière non réglementaire.
Lors de la 72ᵉ réunion du Conseil des ministres, le président a souligné que cette crise entrave l’identification des véhicules impliqués dans des infractions et des accidents, ce qui entraîne également des pertes financières pour le Trésor public et nuit à la gouvernance dans le secteur des transports.
Dans ce contexte, le gouvernement a approuvé un projet de décret qui modifie le décret n°08/15 du 28 juin 2008, relatif aux spécifications techniques des plaques d’immatriculation sous la direction de la Direction Générale des Impôts (DGI). Ce projet, défendu le 23 janvier 2026 par Doudou Fwamba lors de la 75ᵉ réunion du Conseil, introduit plusieurs innovations notables :
1. Remplacement du code CGO par COD, afin d’harmoniser la codification nationale avec l’abréviation internationale officielle, éliminant ainsi la confusion avec le Congo-Brazzaville.
2. Introduction d’un code QR pour assurer une meilleure sécurité et traçabilité.
3. Création d’une carte rose électronique pour les immatriculations.
4. Possibilité pour les particuliers de demander des plaques personnalisables de manière exceptionnelle.
5. Abandon de la terminologie « plaque minéralogique ».
Doudou Fwamba a précisé que les nouvelles plaques seront conçues en plexiglas, un choix justifié par les avantages de ce matériau par rapport à l’aluminium. Cette réforme marque une avancée majeure vers la modernisation du système d’immatriculation, visant à lutter contre la fraude et la contrefaçon. Elle devrait également renforcer la transparence et améliorer la gouvernance technique et fiscale des opérations d’immatriculation, tout en facilitant l’application de la réglementation sur la vidéo-verbalisation des infractions routières adoptée en avril dernier.
En réponse aux préoccupations soulevées autour de cette réforme, le ministère des Finances a réaffirmé son engagement envers la transparence et a précisé que la réforme vise à établir un cadre contractuel clair et à corriger des failles sécuritaires, qui avaient donné lieu à un marché parallèle de plaques.
Face aux accusations de modifications de dernière minute, le ministère a indiqué que le dossier d’appel d’offres avait reçu l’aval de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics (DGCMP) et que les spécifications techniques étaient en ligne avec celles du projet de 2022, assurant ainsi une continuité dans les choix de sécurité. Les entreprises préqualifiées ont été invitées à soumissionner, garantissant l’égalité d’accès.
Enfin, le ministère a rejeté les allégations d’opacité et de conflit d’intérêts, affirmant que le projet faisait partie d’un plan de passation de marchés approuvé et que le contrat avait été validé par la Première ministre. Le gouvernement a souligné qu’il s’agissait d’un appel d’offres restreint, non d’un marché de gré à gré, et que les attributaires avaient été sélectionnés avant l’arrivée de l’actuel ministre des Finances.
Joëlle Luniongo


