La justice congolaise a rendu son verdict, ce mercredi 21 janvier 2026, dans l’affaire dite « Zua ye Tshombo, Tika ye Akende », une affaire qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux et mis en lumière les dérives de certains éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC).
Trois policiers ont été condamnés à trois ans de servitude pénale principale, tandis qu’un quatrième a écopé d’un sursis de 12 mois et un cinquième a été acquitté, faute de preuves suffisantes.
Une vidéo virale qui déclenche l’indignation
Tout est parti d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où cinq policiers en uniforme entonnent une chanson faisant l’apologie de l’extorsion de téléphones portables auprès de citoyens.
Rapidement devenue virale, cette séquence a suscité une vague d’indignation au sein de l’opinion publique kinoise. Les internautes ont dénoncé un comportement méprisant et contraire à l’éthique policière, relançant le débat sur la discipline et la redevabilité au sein de la PNC.
Le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, sous la houlette du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani, a rappelé que ces actes étaient contraires aux règles et consignes de la police, et a ouvert une procédure de flagrance devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/N’djili.
Le verdict est enfin connu
Après instruction et audience publique, le tribunal militaire a rendu le verdict suivant :
– Trois policiers (Sindani, Kabamba et Kiadi) : condamnés à trois ans de servitude pénale principale, accompagnée du paiement de 200 000 FC de frais de justice chacun. En cas de non-paiement, une contrainte par corps de six mois serait appliquée ;
– Un policier (Tuzolana) : reconnu coupable et condamné à douze mois de servitude pénale avec sursis. Cette peine ne sera exécutée qu’en cas de récidive ;
– Un policier (Kasongo) : acquitté pour non-établissement des faits.
Le président du tribunal a précisé que la reconnaissance des faits par les prévenus et leur demande de clémence avaient été prises en compte, mais n’ont pas annulé la gravité des infractions constatées.
Une affaire emblématique de corruption et d’abus
L’expression populaire « Zua ye Tshombo, Tika ye Akende », qui signifie littéralement « prends lui le téléphone et laisse-le partir », illustre depuis longtemps les pratiques d’extorsion dénoncées par les Kinois.
Ce verdict vise à lutter contre l’impunité au sein des forces de l’ordre et previent que les abus d’autorité, la corruption et les atteintes aux droits des citoyens ne resteront pas impunis.
Il est estimé que cette décision constitue une étape importante dans le processus de réforme de la police. Il y’a nécessité de mesures structurelles, notamment une meilleure formation des agents, un contrôle interne renforcé et des sanctions disciplinaires systématiques.
Les implications pour la Police Nationale Congolaise
Le ministère de l’Intérieur réaffirme son engagement à construire une police professionnelle, disciplinée et respectueuse des droits humains.
Les autorités insistent sur la nécessité de restaurer la confiance entre la population et la PNC, et de prévenir de tels comportements à travers la sensibilisation et la surveillance des agents.
La décision du tribunal s’appuie également sur l’article 113 du Code judiciaire militaire, qui sanctionne la violation des consignes données aux forces armées et à la police, et rappelle les limites imposées par la législation sur la diffusion de contenus mettant en scène des policiers en uniforme sur les réseaux sociaux.
Réactions de la population et perspectives
La population, quant à elle, espère que ce jugement ne restera pas un cas isolé et que d’autres actions seront entreprises pour assainir les services de sécurité.
La surveillance des pratiques des agents, combinée à une formation éthique et professionnelle, pourrait contribuer à réduire les incidents et renforcer la crédibilité de la PNC.
En définitive, cette affaire révèle la tension entre usages traditionnels de certains agents et les exigences modernes de transparence et d’éthique dans la fonction publique. La justice congolaise, par ce verdict, tente d’établir un précédent sur le fait qu’aucun abus de pouvoir, aucune corruption ne sera toléré, même lorsque les auteurs sont censés garantir la sécurité des citoyens.
Lydia Mangala


