Le 16 janvier n’est pas un jour comme les autres dans le calendrier congolais. Il porte le poids de l’histoire, le silence du recueillement et la mémoire d’un homme : Mzee Laurent-Désiré Kabila, héros national tombé sous les balles il y a maintenant 25 ans, mais toujours présent dans la conscience collective congolaise.
La vie de Mzee Kabila fut d’abord un combat. Celui d’un homme qui, très tôt, refusa la résignation. De la lutte lumumbiste aux maquis de l’Est, il porta pendant des décennies un rêve jugé impossible : voir le Congo se relever, maître de son destin, débarrassé de la dictature et des tutelles étrangères. En mai 1997, ce rêve devint réalité. Kinshasa tomba, Mobutu partit, et le Congo retrouva son nom.
Mais gouverner un pays meurtri, convoité et fragilisé par des années de prédation n’était pas une victoire définitive. En voulant affirmer la souveraineté nationale et rompre avec certaines influences devenues envahissantes, Mzee Kabila dérangea. Il resta cependant fidèle à une idée centrale : le Congo devait décider pour lui-même.
Le 16 janvier 2001, sa mort violente mit brutalement fin à une trajectoire hors norme pour un pays qui se relevait. Kabila fut abattu par un de ses gardes du corps dans son palais présidentiel à Kinshasa. Les circonstances exactes de cet acte restent floues, alimentant diverses théories sur les motivations derrière l’assassinat.
L’assassinat de Mzee Kabila a exacerbé les tensions et conduit à une instabilité politique persistante. Son fils, Joseph Kabila, a été désigné comme successeur, héritant d’un pays en proie à des conflits internes.
Aujourd’hui encore, Mzee Laurent-Désiré Kabila inspire. Il fut l’homme qui osa dire non, celui qui renversa l’ordre établi et rappela au monde que le Congo n’est pas une terre sans voix. Les provinces du Nord et Sud-Kivu, où l’insécurité persiste, ainsi que les massacres de civils et les déplacements massifs de populations, rappellent que la souveraineté pour laquelle Mzee Kabila s’est battu reste inachevée.
En ce jour férié, au-delà des discours officiels, la mémoire de Mzee Kabila nous pose une question toujours actuelle : que faisons-nous de la souveraineté pour laquelle il a donné sa vie ?
Joëlle Luniongo


