Le sit-in prévu ce lundi 12 janvier par les professeurs de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a été annulé à la suite d’une rencontre avec le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qui s’est tenue dimanche.
D’après les organisateurs, une délégation d’enseignants a été reçue par le ministre. Les discussions ont principalement porté sur la sécurité dans les campus universitaires et les quartiers avoisinants. Jacquemain Shabani assistera également à une messe en mémoire du professeur assassiné, prévue à l’église Notre-Dame de la Sagesse à Kinshasa.
Cette décision fait suite à l’assassinat du professeur Diabar Abata Mathieu Sona, connu sous le nom de Mathieu Abata, tué par des hommes armés à son domicile dans la commune de Lemba, dans la nuit du 7 au 8 janvier 2026.
L’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) a alors décidé de suspendre toutes les activités académiques jusqu’à la tenue d’une assemblée générale extraordinaire.
Dans un communiqué, l’APUKIN a exprimé sa « consternation, révolte et douleur » face à cet acte qualifié de « lâche et barbare », annonçant la convocation d’une assemblée générale pour déterminer les actions à entreprendre.
Des témoignages indiquent que des assaillants armés ont attaqué la résidence du professeur durant la nuit. Selon sa fille, Rosette Abata, infirmière, son père a été abattu alors qu’il tentait de protéger sa femme. Il a succombé à ses blessures et son corps a été transféré à la morgue des Cliniques universitaires de Kinshasa.
Le lendemain, un suspect aurait été lynché par des habitants du quartier, qui ont dénoncé l’absence d’intervention policière durant l’attaque, qui aurait duré près de deux heures.
La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a condamné cet acte « odieux » et a assuré que les autorités judiciaires et de sécurité ont été saisies pour enquêter sur ce crime.
Cet assassinat relance le débat sur l’insécurité à Kinshasa, malgré l’opération « Ndobo » mise en place par les autorités pour lutter contre la criminalité urbaine dans une capitale en proie à une hausse des violences armées.
Joëlle Luniongo


