Ce lundi 22 septembre 2025, les autorités de Kinshasa ont lancé une opération de contrôle des permis de conduire, après la découverte d’un réseau mafieux ayant falsifié plusieurs documents.
Alors que la capitale croule sous les embouteillages chroniques, cette initiative, perçue par certains comme coûteuse et peu efficace, suscite des interrogations sur la capacité des autorités à répondre aux vrais problèmes de mobilité urbaine.
Une opération de contrôle ciblée mais controversée
Le contrôle des permis a été justifié par les récentes révélations sur la falsification massive de documents.
Plusieurs chauffeurs, notamment ceux des véhicules de transport en commun, se sont retrouvés dans l’impossibilité de circuler, générant des perturbations supplémentaires dans la ville.
Les autorités insistent sur la nécessité de restaurer la légalité et la sécurité routière, mais la population commence à s’inquiéter de l’impact direct sur ses déplacements quotidiens.
Kinshasa paralysée par les embouteillages et les restrictions
Jean-Claude Katende, président national de l’ASADHO, a tiré la sonnette d’alarme :
« J’ai vu ce matin, à Kinshasa, des milliers de personnes qui faisaient les pieds pour aller à l’école ou au travail, à cause des véhicules de transport en commun qui ne sont pas en service. La grande partie des chauffeurs de ces véhicules ne sont pas en ordre avec les documents de bord, surtout le permis de conduire », a-t-il déploré.
Les habitants de la capitale se retrouvent ainsi confrontés à une double contrainte : des embouteillages historiques et une réduction soudaine du nombre de transports disponibles, créant une situation critique pour les travailleurs, étudiants et usagers quotidiens.
Un dilemme entre sécurité et mobilité
Pour Jean-Claude Katende, il est crucial que les autorités trouvent un équilibre entre contrôle des documents et continuité du service public :
« Si les gens continuent à marcher à pied pendant plusieurs jours, ça sera de la provocation. Les autorités doivent concilier le contrôle des documents avec le fait que les gens doivent aller à leurs occupations dans une ville où le transport en commun est tenu par les particuliers », a-t-il souligné.
Cette déclaration reflète la frustration d’une population qui réclame des solutions durables pour la mobilité urbaine, plutôt qu’une approche punitive qui ne résout pas les problèmes de fond.
Vers une solution durable
Les mesures de contrôle devraient s’accompagner de réformes structurelles du secteur des transports. Cela inclurait la modernisation du transport en commun, la régulation stricte des véhicules privés, la formation des chauffeurs et un système de contrôle des documents efficace mais non paralysant pour les usagers.
Sans ces mesures, le contrôle des permis risque de rester perçu comme un geste symbolique, insuffisant face aux défis quotidiens des Kinois.
Un signal d’alarme pour les autorités
Le contrôle des permis de conduire à Kinshasa, bien qu’utile pour lutter contre la fraude, met en lumière les carences d’une gestion urbaine incapable de garantir la fluidité de la circulation.
Pour éviter que les Kinois ne deviennent les premières victimes de ces mesures, le Gouvernement doit impérativement combiner sécurité, régulation et solutions concrètes pour améliorer la mobilité dans la capitale.
Lydia Mangala


