Le ministère des Ressources Hydrauliques et Électricité a officiellement changé de mains ce mercredi 13 août 2025.
Aimé Sakombi Molendo, figure chevronnée du gouvernement congolais et proche à la fois du président Félix Tshisekedi et du président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, a succédé à Teddy Luamba Muba.
Fort de sa réputation de réformateur, il arrive à ce poste avec une feuille de route pour transformer en profondeur l’accès à l’électricité et à l’eau potable, deux secteurs jugés vitaux pour le développement national.
Une vision portée par la volonté présidentielle
Dès son discours d’investiture, Sakombi Molendo a replacé son action dans la droite ligne de la vision du chef de l’État, qui considère l’électricité et l’eau non comme des privilèges, mais comme des droits fondamentaux.
Sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, il entend faire de ces deux leviers des moteurs du développement économique et social.
La situation actuelle reste préoccupante avec un taux d’accès à l’électricité encore très faible, un déficit énergétique qui freine la croissance industrielle et une grande partie de la population privée d’eau potable.
Pour le nouveau ministre, ces réalités exigent une mobilisation exceptionnelle de moyens, d’expertise et de volonté politique.
Accélérer la production et moderniser les réseaux
Pour répondre au déficit énergétique, Sakombi Molendo mise sur une combinaison de grands projets structurants, comme Grand Katende, Kakobola, Tshopo 2 et Ruzizi 3, et de nouvelles initiatives capables d’exploiter le potentiel hydroélectrique et solaire du pays.
Il a accordé une attention particulière au projet Inga 3, présenté comme un pivot stratégique pour fournir une énergie propre et compétitive, tout en renforçant l’intégration régionale.
Mais produire plus ne suffit pas, encore faut-il que cette énergie atteigne chaque foyer et chaque entreprise.
Le ministre a donc insisté sur la modernisation des réseaux, la réhabilitation des infrastructures vieillissantes et la construction de nouvelles lignes, afin de rapprocher la production des consommateurs.
Transparence et ouverture au secteur privé
Conscient que les ambitions énergétiques du pays ne peuvent se réaliser sans partenaires solides, Sakombi Molendo a promis d’instaurer une gouvernance transparente et un climat attractif pour les investisseurs.
Les lois révisées sur l’électricité et l’eau serviront de cadre pour ouvrir davantage le secteur à l’initiative privée, tout en renforçant les institutions chargées de réguler et de contrôler la qualité des services.
L’efficacité et la rigueur, selon lui, seront les clés pour regagner la confiance des partenaires et accélérer l’aboutissement des projets.
L’eau potable, une urgence nationale
Le nouveau ministre a également mis en lumière la crise silencieuse que traverse le secteur de l’eau. Dans les grandes villes comme dans les zones rurales, des millions de Congolais doivent encore parcourir de longues distances pour trouver une source d’eau.
Il a affirmé vouloir rendre pleinement opérationnelles les structures prévues par la loi, telles que l’Office Congolais des Eaux et l’Agence de Régulation du secteur, et engager une profonde réforme de la REGIDESO.
Toutes ces actions viseront à garantir à chaque citoyen un accès à une eau de qualité, en quantité suffisante et à un coût abordable.
Un cap stratégique : le Compact Énergétique
Toutes ces actions s’inscrivent dans le cadre du Compact Énergétique de la RDC, un programme national qui ambitionne de tripler le taux d’accès à l’électricité d’ici 2030.
Ce plan mobilisera des investissements publics et privés, misera sur les énergies renouvelables et intégrera des solutions décentralisées comme les mini-réseaux solaires pour les zones isolées.
Pour Sakombi Molendo, c’est un chantier vital qui doit transformer le quotidien des Congolais et soutenir la croissance de l’économie nationale.
Une mission à haute responsabilité
Hommage rendu à son prédécesseur Teddy Luamba Muba, engagement à bâtir sur les acquis existants, appel à la mobilisation de tous les acteurs publics et privés, Sakombi Molendo sait que le chemin est semé de défis.
Mais il affirme aborder cette mission avec la conviction que l’électricité et l’eau potable pour tous ne sont pas seulement des objectifs politiques, mais des impératifs de dignité humaine et de prospérité nationale.
Lydia Mangala


