Le lundi 28 juillet à Bukavu, lors du lancement officiel des épreuves préliminaires de l’EXETAT 2025, des statistiques préoccupantes ont été dévoilées concernant l’absence massive d’élèves finalistes dans la province Éducationnelle Sud-Kivu 1.
Sur un total de 44 355 candidats inscrits issus des territoires de Bukavu, Idjwi, Kalehe, Kabare et Walungu, pas moins de 2 986 élèves n’ont pas pris part aux examens préliminaires.
Une absence étonnante malgré la gratuité des épreuves
Dans son allocution, l’inspecteur principal provincial de l’Éducation, Jean Marie Mwayesi, a exprimé son étonnement face à ce nombre important d’élèves absents, d’autant plus que la passation de ces épreuves a été entièrement prise en charge par le gouvernement central.
« Autrefois, on imputait souvent ces absences à des difficultés financières des familles, mais cette fois, malgré la gratuité, près de 3 000 élèves n’ont pas répondu présents », a-t-il déclaré.
Face à ce constat, l’inspecteur Mwayesi a soulevé plusieurs interrogations, notamment sur l’éventuelle influence des facteurs sécuritaires dans certaines zones du Sud-Kivu.
« Est-ce que ces absences sont dues aux problèmes sécuritaires ou à d’autres raisons ? Cette question reste posée », a-t-il insisté.
Une perte significative pour le système éducatif provincial
Le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Doux Dunia Masumbuko, également présent à la cérémonie, a exprimé sa déception face à ces chiffres, qualifiant cette situation de perte pour la province.
Sous la bannière de l’Alliance des Forces pour le Changement (AFC) liée au M23, il a appelé à une analyse approfondie pour comprendre les causes profondes de cette désaffection.
Par ailleurs, selon un récent rapport du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), près de 20 500 élèves finalistes n’ont pas passé leurs examens de fin de cycle sur l’ensemble du territoire provincial, ce qui constitue un véritable défi pour le système éducatif du Sud-Kivu.
Les défis persistants pour l’éducation au Sud-Kivu
La situation actuelle illustre les nombreuses difficultés auxquelles fait face l’éducation dans cette région, où les troubles sécuritaires, les contraintes socio-économiques et l’accès limité aux infrastructures scolaires fragilisent la scolarisation des jeunes.
L’absentéisme massif aux examens reflète l’urgence d’une mobilisation conjointe des autorités éducatives, gouvernementales et humanitaires pour assurer la continuité et la qualité de l’enseignement.
Le Sud-Kivu se trouve à un tournant décisif où la sauvegarde de son système éducatif dépendra de la capacité des acteurs locaux et nationaux à répondre aux défis sécuritaires et sociaux.
L’absentéisme observé aux épreuves préliminaires de l’EXETAT 2025 est un signal d’alarme qui invite à des actions urgentes pour garantir l’avenir scolaire des élèves de la province.
Lydia Mangala


