Le ministère des Transports, Voies de communication et Désenclavement a réagi fermement aux conclusions du rapport d’audit interne de la trésorerie de l’OGEFREM, couvrant la période de janvier à mars 2025.
Le document met en lumière des failles graves dans la gestion des flux financiers et alerte sur des risques majeurs de non-conformité, poussant Jean-Pierre Bemba à prescrire une série de mesures correctrices immédiates.
Un audit qui soulève de sérieuses préoccupations
Le rapport d’audit, signé par le directeur de l’Audit interne Mabi Mbombo, révèle des pratiques financières irrégulières et un manque de contrôle alarmant au sein de l’Office.
L’analyse s’est concentrée sur la gestion de la trésorerie centrale et le fonctionnement des comptes bancaires de l’établissement.
Plusieurs défaillances ont été pointées :
– Absence de planification rigoureuse des flux financiers ;
– Écarts injustifiés entre prévisions et réalisations budgétaires ;
– Pièces justificatives manquantes ou non conformes pour certaines dépenses ;
– Multiplication de comptes bancaires non utilisés ;
– Utilisation inefficiente du logiciel SAGE ;
– Placements de fonds non conformes aux procédures internes.
Ces éléments révèlent une faiblesse structurelle dans la chaîne de gestion et de reddition des comptes.
Des risques accrus pour la fiabilité des informations financières
Les auditeurs dénoncent un climat de gestion marqué par le flou, l’imprécision et la négligence.
Le manque de documentation et de justification rend difficile la vérification des opérations, compromet la transparence de l’usage des fonds et expose l’institution à des malversations potentielles.
Le rapport attire aussi l’attention sur l’impact de ces défaillances :
– Perte de crédibilité vis-à-vis des partenaires financiers ;
– Risque d’erreurs comptables majeures ;
– Possibles litiges dus à des contrats irréguliers ;
– Non-respect des obligations fiscales et réglementaires.
La réaction du ministre Jean-Pierre Bemba : rigueur et restructuration
Dans une lettre datée du 2 mai 2025, adressée au Président du Conseil d’administration de l’OGEFREM, Jean-Pierre Bemba a exprimé son approbation des décisions prises à l’issue de la réunion du Conseil du 30 mars, tout en insistant sur la mise en œuvre sans délai des recommandations issues de l’audit.
Parmi les mesures exigées :
– La résiliation du contrat signé avec la société Catalyst, conclu de manière irrégulière sans appel d’offres ;
– La tenue effective des élections syndicales prévues pour mai 2025 ;
– L’acquisition rapide du bâtiment administratif financé par un crédit bancaire de 10 millions USD, dont les intérêts courent déjà ;
– La transmission du rapport de déclassement des véhicules avant toute vente ou mise à disposition ;
– La réduction du nombre de comptes bancaires inactifs ;
– La révision des processus de placement de liquidités ;
– La responsabilisation des gestionnaires financiers.
L’OGEFREM face à un tournant stratégique
L’Office de gestion du fret multimodal, acteur clé de la logistique et du commerce extérieur de la RDC, est désormais sous pression pour restaurer une gouvernance conforme aux normes de transparence et d’efficience.
La rigueur exigée par le ministre vise à repositionner l’institution sur une trajectoire crédible. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique de lutte contre la mauvaise gestion dans les entreprises publiques et la volonté de renforcer l’intégrité administrative.
Lydia Mangala


