Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé la suspension de ses activités dans la province de la Tshopo dès ce lundi 21 juillet, en réaction à une attaque armée survenue dans sa base de Kisangani dans la nuit du dimanche 20 juillet.
Cette mesure temporaire de 48 heures intervient alors que l’ONG exprime son indignation face à cet acte de violence ciblée contre son personnel et ses infrastructures, en pleine mission humanitaire.
Une attaque violente et choquante
Selon un communiqué publié sur le compte officiel X de MSF, huit hommes armés ont fait irruption vers 2 heures du matin dans le bureau de MSF Suisse situé sur la 3ᵉ avenue Plateau Boyoma, escaladant les murs et maîtrisant les sentinelles à l’aide de menaces et d’actes de torture.
Les braqueurs ont fouillé méthodiquement les chambres à la recherche d’argent, d’ordinateurs et de biens de valeur.
Des équipements électroniques ainsi que des fonds auraient été dérobés, bien que le bilan précis ne soit pas encore communiqué.
Double attaque : MSF et l’Hôpital du Cinquantenaire ciblés
Dans la même nuit, une seconde attaque a été signalée à l’Hôpital du Cinquantenaire, situé dans la commune de Makiso. Une dizaine d’assaillants armés s’y sont introduits, pillant la réception et plusieurs chambres.
Des téléphones, ordinateurs, équipements médicaux et une somme d’environ 3 800 dollars auraient été emportés.
Le personnel sur place, notamment un agent de sécurité et une réceptionniste, a été violemment molesté. Ils devront subir des examens médicaux pour évaluer la gravité de leurs blessures.
Indignation et appel à la protection de l’aide humanitaire
Face à ces événements, MSF exprime sa vive inquiétude et rappelle que ses bases sont clairement identifiées comme des structures humanitaires.
L’organisation alerte les autorités sur la nécessité de garantir la sécurité du personnel humanitaire et insiste sur le fait que la protection de l’aide humanitaire doit rester une priorité absolue.
Cette suspension affecte temporairement les activités de MSF dans les provinces de la Tshopo, du Bas-Uele et du Haut-Uele, où l’organisation est activement engagée dans la lutte contre les épidémies, notamment le choléra.
Une situation sécuritaire préoccupante à Kisangani
Cette série d’attaques survient dans un contexte sécuritaire de plus en plus dégradé à Kisangani.
La commune de Makiso, en particulier, devient une zone de plus en plus touchée par les actes de banditisme.
Malgré les patrouilles conjointes de la police et des FARDC dans le cadre de l’opération NDOBO, la lenteur d’intervention des forces de l’ordre et l’inaccessibilité des numéros d’urgence aggravent le sentiment d’insécurité.
Cet acte de violence dirigé contre une organisation humanitaire reconnue jette une lumière crue sur la détérioration de la sécurité à Kisangani.
Alors que MSF œuvre aux côtés du Ministère de la Santé pour renforcer la riposte contre le choléra, cette attaque met en péril non seulement ses opérations, mais aussi l’accès aux soins pour des milliers de personnes vulnérables.
Une réaction rapide et ferme des autorités est attendue pour que de tels actes ne deviennent pas la norme.
Lydia Mangala


