La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a salué la signature, à Doha, de la Déclaration de principes entre Kinshasa et le M23, tout en dénonçant l’absence de dispositions sur la justice transitionnelle et la réparation des victimes.
Dans son communiqué du dimanche 20 juillet 2025, elle a appelé à un addendum garantissant la prise en compte des droits fondamentaux des populations affectées.
Une avancée politique mais un silence glaçant
La NSCC a reconnu l’importance de l’accord qatarien comme préambule à un accord de paix global attendu dans les jours à venir.
Si la coalition s’est félicitée du dialogue amorcé, elle a déploré que la Déclaration de Doha reste muette sur trois piliers essentiels à toute réconciliation : les victimes, la justice et la réparation.
Pour la NSCC, balayer sous le tapis la mémoire des massacres, des viols et des enfants-soldats compromet la crédibilité de tout processus de paix.
Trois impératifs pour une paix durable
Dans son communiqué, la NSCC interpelle successivement :
– Le Gouvernement de la RDC : intégrer des mécanismes de justice transitionnelle afin que la paix ne soit pas troquée contre l’impunité.
– Les facilitateurs qataris et les partenaires régionaux : veiller à ce que la stabilité repose sur la reconnaissance des crimes commis et sur le soutien effectif aux victimes.
– Les États-Unis, la MONUSCO et l’Union Africaine : étendre leur rôle au-delà de l’observation pour garantir que la paix ne rime pas avec amnésie.
Justice, mémoire et réparation : un trépied non négociable
« Une paix sans justice est une trêve précaire. Une paix sans mémoire est un abandon. Une paix sans réparations est une injustice qui recommence », a rappelé La NSCC.
Sans dispositions claires sur la recherche de la vérité, l’indemnisation des victimes et la réconciliation, l’accord de Doha risque de rester une coquille vide, estiment les membres de la société civile.
Vers un addendum inclusif
Pour remédier à ces lacunes, la NSCC appelle à la rédaction d’un addendum à la Déclaration de Doha. Celui-ci devrait prévoir :
- Des commissions d’enquête pour documenter les crimes et identifier les responsabilités.
- Des mécanismes de réparation (indemnisations, prises en charge psychologique, retour des déplacés).
- L’institutionnalisation de la justice transitionnelle, sous supervision internationale, pour garantir non seulement un cessez-le-feu, mais aussi une paix vécue dans la dignité des victimes.

Lydia Mangala


