La Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), Marie-Thérèse Sombo, a lancé le lundi 14 juillet 2025 à l’Institut National des Arts les travaux de la commission doctorale.
Cette instance stratégique est chargée de restructurer en profondeur le troisième cycle universitaire en République Démocratique du Congo.
L’objectif est de mettre fin au désordre, restaurer la rigueur scientifique, et faire du doctorat congolais un label crédible à l’échelle nationale et internationale.
Une commission pour refonder la formation doctorale
La création de cette commission doctorale s’inscrit dans la dynamique des grandes réformes engagées par le ministère de l’ESU, sous l’impulsion du Grand Chancelier des universités, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi.
Elle vise à répondre à une préoccupation centrale de la communauté universitaire : former des cadres scientifiques de haut niveau, aptes à assurer la relève académique et à contribuer efficacement au développement de la recherche.

Pour la Ministre Sombo, il était devenu impératif de stopper la prolifération anarchique des écoles doctorales et de remettre de l’ordre dans un sous-secteur miné par des pratiques décriées :
« La formation doctorale ne saurait être un champ de foire, encore moins un espace de légèreté scientifique. Elle doit être le sanctuaire de l’excellence, de l’éthique académique et de la recherche avancée », a-t-elle martelé.
Six axes pour une réforme rigoureuse et durable

Lors de son allocution, la Ministre a décliné les grandes lignes de cette réforme, autour de six priorités stratégiques :
– Mettre fin à la prolifération incontrôlée des écoles doctorales, en rappelant que le doctorat est un espace d’exigence, de rigueur et de haute compétence.
– Définir des critères stricts pour la création d’écoles doctorales, basés sur la qualité des ressources humaines, la disponibilité des infrastructures, l’existence de partenariats scientifiques et un encadrement académique crédible.
– Établir une liste nationale des établissements autorisés à offrir le doctorat, avec le soutien technique de l’ANAQ-ESU. Une liste évolutive, mais intransigeante sur la qualité.

– Renforcer la formation continue des encadreurs, en imposant des mises à jour régulières des compétences scientifiques et pédagogiques :
« On ne forme pas des docteurs avec des savoirs dépassés ou approximatifs », a insisté la Ministre.
– Mettre en place un dispositif d’évaluation permanente des écoles doctorales, basé sur des référentiels précis. Toute structure ne répondant pas aux standards sera fermée sans compromis.
– Inscrire les écoles doctorales congolaises dans une dynamique de compétitivité continentale et mondiale, via des coopérations internationales, des publications de référence et des programmes novateurs.
Un rapport attendu dans un délai bref
La commission doctorale devra remettre son rapport final dans un délai très court, preuve de l’urgence de la réforme.
Il s’agira d’un document de référence qui orientera les décisions futures du ministère concernant la validation, la régulation et la fermeture des écoles doctorales en RDC.
La Ministre a exprimé sa confiance dans le potentiel des apprenants congolais, à condition que ceux-ci soient passés par le feu de l’or, pour sortir épurés du fourneau académique. Une image forte pour souligner la nécessité d’une sélection rigoureuse et d’un encadrement exigeant.
Vers un doctorat congolais crédible et compétitif
Avec cette réforme, le ministère de l’ESU espère relever durablement le niveau de l’enseignement doctoral en RDC, le doter d’un encadrement solide et lui rendre sa crédibilité, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
La formation doctorale ne doit plus être un simple aboutissement académique, mais une véritable école d’excellence, au service de la science, de la société et du développement.
Lydia Mangala


