Pour la première fois depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi à la présidence, l’ancien Premier ministre et chef du parti d’opposition Nouvel Élan, Adolphe Muzito, a été reçu en audience officielle ce mercredi 2 juillet à la Cité de l’Union africaine.
Cette démarche s’inscrit dans la préparation d’un gouvernement d’union nationale et marque une étape nouvelle dans le dialogue entre la Majorité présidentielle et l’opposition.
Un bilan diplomatique salué

Au terme de leur entretien, Adolphe Muzito a d’abord exprimé sa satisfaction quant à l’action présidentielle sur la scène internationale.
Il a rappelé le scepticisme initial lié aux nombreux déplacements à l’étranger du chef de l’État, avant de souligner que les résultats parlent d’eux-mêmes.
Selon lui, la RDC a gagné en crédibilité, notamment sur la question sécuritaire de l’Est :
« Le président a réussi à faire reconnaître à la communauté internationale que le Rwanda est l’agresseur de la RDC à travers ses rébellions. De plus, un accord a été signé, sous l’égide des États-Unis, qui contraint le Rwanda et ses alliés à se retirer du territoire congolais » a-t-il affirmé.
Des retombées économiques prometteuses
L’ancien locataire de la primature n’a pas manqué de souligner les avancées commerciales obtenues lors des négociations en cours avec Washington.
Là où tout était jadis pillé par le Rwanda sous prétexte de sous-traitance, c’est désormais le Congo qui va exploiter ces ressources avec tous les pays du monde, et principalement les USA.
Pour Muzito, ce partenariat doit faire l’objet d’un débat public et d’explications transparentes de la part du gouvernement.
Participation conditionnée à des réformes

Abordant sa propre éventuelle entrée dans un gouvernement d’union, Adolphe Muzito a affirmé sa disponibilité, à condition que ses propositions soient réellement prises en compte :
« J’ai donné ma position pour dire que j’étais disposé à participer à la formation du gouvernement. Pour moi, il est important que mes idées soient prises en compte dans la mesure du possible », a-t-il déclaré.
Il a en outre réitéré son appel à l’organisation d’un dialogue national et à la mise en œuvre de réformes importantes qui permettent de faire avancer le pays, soulignant que le moment est venu d’engager des transformations de fond.

Après l’audience accordée en début du mois dernier à l’opposant Martin Fayulu, c’est au tour d’Adolphe Muzito de franchir le pas vers la Cité de l’Union africaine, témoignant de la volonté du chef de l’État de rassembler toutes les forces politiques avant la formation d’un gouvernement d’union nationale.
Il reste désormais à traduire ces rencontres en actes concrets, à travers la définition d’une feuille de route crédible, partagée avec l’ensemble des partenaires du pays.
Lydia Mangala


