Lors du premier panel du Congrès panafricain des étudiants congolais, animé par Willy Kalengayi et Chantal Kanyimbo au CCAPAC ce lundi 30 juin 2025, le Professeur Ordinaire Floribert Tungila Nkama Mbendu a posé les bases historiques et philosophiques du panafricanisme.
Sous le thème « Panafricanisme, pères fondateurs, états des lieux et perspectives », il a invité l’auditoire à percevoir ce mouvement non seulement comme un courant intellectuel, mais comme un véritable sang et un projet de vie impliquant chaque Africain où qu’il se trouve.
Un projet de vie et de résistance

Dès son propos liminaire, Floribert Tungila a insisté sur l’essence même du panafricanisme :
« Le panafricanisme est une vie, c’est une substance, c’est le sang qui coule dans les fils de l’Afrique, où que l’on soit sur la face de la Terre », a-t-il affirmé.
Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple effet de mode :
« Être panafricaniste, ce n’est pas une posture de mode, ce n’est pas devenir ‘panélistes’, c’est une vie », a-t-il souligné, décrivant le mouvement comme un instrument de résistance face aux violences et à l’exploitation héritées de l’impérialisme.
Des racines diasporiques à l’intégration continentale

En retraçant les origines, le professeur a rappelé la genèse diasporique du mouvement :
« Le panafricanisme est né dans la diaspora et a pris pied sur la terre nourricière d’Afrique pour en devenir le cadre stratégique de son intégration », a-t-il informé l’auditoire.
Il a évoqué les figures pionnières, de Marcus Garvey et sa Black Star Line, dont la mission était de ramener vers le continent les fils de la racine, jusqu’à W. E. B. Du Bois, « qui a organisé un premier congrès en 1900 pour dénoncer l’exploitation coloniale et revendiquer les droits civiques des populations noires ».
Les grandes étapes de l’émancipation
Floribert Tungila a ensuite balisé les moments clés qui ont forgé l’unité africaine. Il a rappelé le Congrès de Manchester pendant la Seconde Guerre mondiale, où toutes les grandes figures du panafricanisme africain se sont retrouvées, et salué l’appel de Kwame Nkrumah en 1963 : « Maintenant, unissons-nous », formule à l’origine de l’Organisation de l’unité africaine.
Il a également évoqué Patrice Lumumba, affirmant que son discours inaugural en 1960 a fondé le panafricanisme tel qu’on le connaît aujourd’hui, une posture de résistance face aux dominations extérieures.
Vers une renaissance culturelle et politique

Enfin, le professeur a ouvert des perspectives contemporaines et culturelles. Il a appelé à une restitution de nos biens culturels et à l’appropriation de notre patrimoine.
« Il faut mettre fin à toutes les réminiscences de la présence coloniale, qu’elles se manifestent dans nos économies ou dans nos modes de vie », a-t-il averti.
Pour Floribert Tungila, le panafricanisme doit conserver sa dimension politique, économique et philosophique, afin de façonner l’avenir de l’Afrique en dehors de toute logique imposée et de garantir une liberté et une souveraineté véritables pour chaque citoyen.
En filigrane de son intervention, le Professeur Floribert Tungila Nkama Mbendu a ainsi réaffirmé le panafricanisme comme moteur d’unité et d’émancipation, invitant les jeunes participants à puiser dans ce riche héritage les clés d’une action collective et d’une solidarité renforcée.
Lydia Mangala


