Mes chers compatriotes,
Je sais que vos critiques sur la posture de la RDC dans cet accord de paix naissent souvent d’un amour profond pour notre pays. Certains d’entre vous y voient une faiblesse, une défaite, un sacrifice de notre fierté nationale. Je comprends ce sentiment, mais permettez-moi de vous inviter à regarder plus loin, avec subtilité.
Pendant trois décennies, notre pays a été un champ de bataille. 30 ans de sang, de larmes, de pillages. Nos frontières sont des passoires, nos villages brûlent, nos enfants meurent. Plus de 6 millions de déplacés internes errent comme des ombres sur leur propre terre. Des millions d’autres ont fui, cherchant un refuge loin de cette folie. À l’Est, près de 120 groupuscules armés font régner la terreur, massacrant nos populations, violant nos femmes, enrôlant nos hommes.
Et pendant ce temps, qui prospère ? Le Rwanda ! Oui, ce voisin belliqueux qui a fait de notre sol son terrain de jeu sanglant, qui a pillé nos richesses pendant que nous comptions nos morts. Regardez-les : pendant que nous sombrions, les rwandais construisaient des écoles, des routes, une économie florissante. Pourquoi ? Parce que le chaos n’a jamais été chez eux. Tout se passait ici, dans notre Congo martyrisé !
Cet accord n’est pas une lutte de pouvoir où l’un triomphe et l’autre s’incline. Son but est simple et vital : ramener la paix à l’Est de la RDC et stabiliser notre nation pour qu’elle puisse enfin respirer et se relever. La paix n’est pas un luxe, c’est une urgence!! Et cet Accord, avec ses imperfections, est une chance que nous ne pouvons pas nous permettre de mépriser.
Voyez-vous, la paix n’est pas une fin en soi, mais un début. Sans elle, pas de sécurité. Sans sécurité, pas de stabilité. Et sans stabilité, comment relancer notre économie, exploiter nos richesses, offrir un avenir à notre jeunesse ? Ceux qui ne voient dans cet accord qu’une ombre sur notre dignité passent peut-être à côté de l’essentiel : la RDC, plus que quiconque, a besoin de cette paix pour se reconstruire. Nous avons trop souffert, trop perdu, pour ne pas saisir cette opportunité…
À ceux qui pensent que la RDC sort perdante, je dis ceci : en temps de paix, il n’y a pas de perdants. Le Rwanda y gagne, bien sûr, mais nous, Congolais, y gagnons davantage. Nous gagnons la fin d’un cauchemar, la possibilité de vivre sans peur, de bâtir un pays fort et prospère. La paix n’est pas une capitulation, c’est une victoire pour un peuple qui a trop saigné. Si certains y voient autre chose qu’une chance pour notre nation, ils sont, avec tout le respect que je leur dois, à côté de la plaque.
Critiquer est votre droit, et je ne vous demande pas de vous taire. Mais je vous invite à réfléchir : cette paix, aussi fragile soit-elle, est un premier pas. Elle ne résout pas tout, elle exige notre vigilance, mais elle nous donne une base pour avancer. Car au bout du compte, c’est bien notre pays, notre avenir, qui sont en jeu.
Hon Katuala


