En marge de la deuxième édition du Salon des énergies à Kinshasa, Ebuteli et Congo Green Solution ont organisé, le mercredi 25 juin 2025, un atelier-conférence intitulé « Comment concilier la vision RDC Pays-solution avec l’expansion pétrolière dans la cuvette centrale ».
Cette rencontre a réuni acteurs de la société civile, experts gouvernementaux et représentants d’ONG pour confronter l’ambition d’explorer 52 nouveaux blocs pétroliers et la nécessité de protéger les écosystèmes sensibles de la forêt du bassin du Congo.
Des ONG porte-paroles des populations et de la nature

Lucien Kamala, coordonnateur de Congo Green Solution, a ouvert la séance en rappelant les risques majeurs que l’exploitation pétrolière fait peser sur les tourbières et les habitats forestiers, essentiels à la régulation du climat et à la survie des communautés locales.
Il a insisté sur l’urgence de préserver l’accès à l’eau et de garantir la santé des habitants face aux dangers de la pollution industrielle.
Pour lui, l’atelier devait dégager une voie d’équilibre permettant d’assurer simultanément la sauvegarde de la vie et un développement économique durable.
Le gouvernement réaffirme son engagement à réformer

Des experts du ministère des Hydrocarbures et du ministère de l’Environnement sont venus présenter la feuille de route d’une réforme du secteur pétrolier.
Joël Fumbwe, conseiller technique amont au ministère des Hydrocarbures, a expliqué que l’exploration des blocs n’entraîne pas nécessairement leur exploitation.
Il a détaillé les mesures déjà adoptées pour détoxifier les zones protégées en créant de vastes zones tampons et en imposant aux opérateurs de restituer la moitié de la superficie explorée après la phase initiale.
Ces dispositions, couplées à la révision en cours du code des hydrocarbures, visent à renforcer la souveraineté de l’État, à développer le contenu local et à encadrer strictement les normes environnementales.
Vers une collaboration multisectorielle

Tout au long de l’atelier, les participants ont souligné la nécessité d’inscrire la question pétrolière dans une stratégie énergétique globale.
Les représentants des communautés touchées, des ONG et des administrations ont appelé à une implication continue des acteurs non étatiques dans l’élaboration des études d’impact, afin d’assurer que les décisions techniques intègrent les préoccupations sociales et écologiques.
L’atelier a ainsi posé les bases d’un dialogue permanent entre gouvernement, société civile et opérateurs, dans le respect des objectifs de la campagne « Notre Terre sans pétrole ».
Lydia Mangala

