Du jeudi 26 au vendredi 27 juin 2025, l’institut de recherche Ebuteli, sous le pilotage du directeur de son pilier politique, Trésor Kibangula, a organisé son troisième Hackathon législatif à la résidence Saint-Pierre Clever à Kinshasa.
Réunis autour de la plateforme Talatala+, journalistes, chercheurs, société civile et parlementaires se sont penchés sur la protection des mineurs contre les risques des jeux de hasard, afin de formuler des recommandations concrètes à soumettre à l’Assemblée nationale.
Des ateliers thématiques pour structurer les débats

Dès le premier jour, quatre groupes de travail ont planché sur des volets essentiels : le cadre juridique, la gouvernance sociale, la protection des mineurs et la transparence financière.
Chaque équipe a dégagé, le lendemain, des constats et proposé des pistes de réforme au sujet de l’archaïsme des textes en vigueur, l’adoption rapide d’une loi spécifique interdisant l’accès aux jeux d’argent aux moins de 18 ans, du rôle crucial des écoles et des familles dans la sensibilisation, recommandant des programmes d’éducation préventive dès le primaire, de la création d’un registre national des opérateurs de jeux de hasard, assorti de sanctions en cas de non-contrôle de l’âge et de la mise en place d’un baromètre public des recettes générées par les loteries et paris sportifs, pour garantir que ces ressources profitent réellement à l’État et aux programmes sociaux.
Des députés mobilisés pour porter les réformes

Dans l’après-midi de ce même vendredi 27 juin 2025, les députés Gratien Iracan et Joseph Bangakia ont reçu ces propositions et se sont engagés à défendre ces initiatives devant leurs collègues.
Durant conférence de presse, animée par Ange Makadi, les députés ont répondus à toute une panoplie des questions des journalistes.
« On est à plus de sept à huit millions de jeunes de moins de 18 ans à devoir protéger. C’est cela même l’essence et la motivation qui me poussent à adhérer à ce projet » a confié Gratien Iracan.
Il a promis de veiller à ce que la loi soit claire et d’agir avec détermination, estimant indispensable de légiférer car le gouvernement n’a aucun projet de loi sur le sujet à ce jour.

Pour sa part, le député Joseph Bangakia a rappelé la dimension sociétale du fléau :
« Le vrai problème est sociétal : on ne peut pas développer un pays en s’appuyant sur le hasard. Je suis contre l’existence même des maisons de paris. Si cela ne dépendait que de moi, je les interdirais », a-t-il déclaré.
Il a enfin mis en garde sur l’insuffisance des recettes étatiques :
« L’État n’en tire presque rien. Ces jeux génèrent beaucoup d’argent, mais les seuls gagnants sont les opérateurs, pas les familles, ni l’État », a-t-il martelé.
Talatala+ : un baromètre pour une transparence accrue

En amont de la conférence de presse, Ange Makadi, chargée de communication d’Ebuteli, a expliqué l’importance du projet Talatala+ :
« Nous avons un baromètre qui documente les activités parlementaires depuis 2021. Aujourd’hui, Talatala+ vise à co-construire des initiatives concrètes avec les citoyens et les députés » a-t-elle informé.
Elle a rappelé que les deux premières éditions du hackathon avaient porté sur l’assainissement urbain et l’aménagement du territoire, avant de s’atteler à la protection des mineurs.
Perspectives et passage à l’action

Au terme de ces deux jours de co-construction, les deux champions du troisième Hackathon, Gratien Iracan et Joseph Bangakia porteront officiellement au Parlement les résolutions issues de cette édition.
Les parlementaires ont souligné qu’au-delà du dialogue, «le passage à l’action doit être immédiat et donc la mise en place de l’interdiction légale pour les mineurs, le renforcement du contrôle de l’âge, la création d’un fonds social financé par les opérateurs de jeux, et le lancement de campagnes d’éducation et de prise en charge des dépendances.
En plaçant le citoyen et le mineur au cœur du processus législatif, Ebuteli et ses partenaires ont démontré qu’une société civile mobilisée peut impulser des réformes urgentes et nécessaires, pour bâtir une législation moderne et protectrice des plus vulnérables.
Lydia Mangala


