À l’occasion de la troisième édition d’Africa Tech Invest, Séraphin Umba Kapepe, directeur de cabinet du ministre congolais des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, a réaffirmé la ferme ambition de la République démocratique du Congo de s’imposer comme un pilier de la gouvernance numérique en Afrique centrale.
Organisée à Kinshasa les mercredi 25 et jeudi 26 juin 2025, cette plateforme annuelle d’innovation et de coopération technologique a rassemblé investisseurs, startups et décideurs publics autour de la stratégie numérique du pays.
Un appel aux investisseurs pour des projets à fort impact
En ouvrant les travaux, Umba Kapepe a souligné l’urgence pour la RDC de miser sur ses talents locaux et de soutenir les jeunes innovateurs.
Il a encouragé les bailleurs privés et publics à orienter leurs financements vers des initiatives qui répondent directement aux besoins des populations congolaises et à faire des technologies un axe transversal de toutes les politiques publiques.
Selon lui, ce choix stratégique permettra à la RDC de passer du statut de consommateur de solutions étrangères à celui de créateur de systèmes adaptés au contexte africain.
Vers une souveraineté technologique africaine
Au fil de la journée, le consultant international Henri Désiré N’Zouzi a insisté sur le rôle clé des partenariats équitables et de l’intégration régionale.
Pour libérer le continent de dépendances extérieures, il a appelé à renforcer les coopérations fiscales et industrielles entre États africains, à promouvoir l’innovation locale et à diversifier les économies par le développement du tourisme et de l’industrie technologique.
Défis et perspectives pour l’écosystème numérique
Les échanges ont également porté sur la nécessaire ouverture des infrastructures télécoms aux innovateurs, l’accès équitable aux données et l’enjeu de l’inclusion numérique dans toutes les provinces.
Les participants ont évoqué les obstacles juridiques et financiers qui freinent l’investissement dans la tech africaine, ainsi que la sous-valorisation de la propriété intellectuelle locale.
L’intelligence artificielle a été identifiée comme un terrain d’expérimentation prioritaire, à condition de mettre en place un cadre réglementaire protecteur et stimulant.
Vers un hub technologique pour l’Afrique centrale
S’inspirant de grandes manifestations mondiales comme VivaTech ou le CES, Africa Tech Invest vise à devenir le rendez-vous incontournable pour l’écosystème numérique de la sous-région.
En associant régulateurs, opérateurs télécoms, institutions publiques, startups et investisseurs, le forum se donne pour mission d’élaborer une feuille de route destinée à attirer les financements, structurer les initiatives locales et faire émerger une véritable souveraineté technologique pour la RDC et ses voisins.
Lydia Mangala


