Le mercredi 18 juin 2025, l’intersyndicale d’Equity BCDC, regroupant FOSYFIN, CSC-GST, SNABIF, COD, ATC, UNTC, CLE, OTUC et UPS, a adressé une lettre au ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale pour alerter sur un projet de licenciement de près de 460 collaborateurs, issu d’une enquête initiée depuis le siège du groupe Equity au Kenya.
La banque a aussitôt répliqué en convoquant les représentants syndicaux à une réunion d’information sur le sujet, programmée le 8 juin à 10 h 00 au 14ᵉ étage de son siège à Kinshasa.
L’intersyndicale soulève une « tragédie sociale programmée »
Dans sa correspondance officielle datée du mardi 17 juin 2025, l’intersyndicale insiste sur la soudaineté et l’ampleur de la procédure disciplinaire annoncée par la direction, qu’elle qualifie de plan obscur de licenciement massif.
Elle rappelle que, depuis la fusion entre Equity Bank Congo et la BCDC en 2020, les salariés ont œuvré avec dévouement à la croissance de l’établissement. Les syndicats y voient une rupture patente de confiance :
« Nous dénonçons une tentative de licenciement collectif déguisé, ciblant des travailleurs dont le seul tort est d’avoir servi loyalement la banque », déclare un porte-parole.
Le document pointe également le mépris des droits des employés : aucune copie du code de conduite interne, ni liste des agents visés, ni calendrier des faits reprochés, ni chiffrage des montants en cause n’a été fourni.
Pour interrompre ce processus, les représentants syndicaux demandent la suspension immédiate de la procédure, l’ouverture d’un dialogue tripartite avec l’administration du travail, et le respect des engagements contractuels, notamment l’application du nouveau barème salarial et de la classification des emplois négociés en novembre 2024.
La réponse d’Equity BCDC : informer avant de sanctionner
La direction d’Equity BCDC, par la voix de Nathanaël Tombe, responsable administration RH, et de Carine K. Mwamba, directrice de l’administration et des ressources humaines, a envoyé sa propre lettre le 5 juin.
Elle y convie messieurs de l’intersyndicale à une réunion d’information le vendredi 8 juin à 10 h 00, signalant la volonté de la banque d’expliquer les conclusions de l’enquête.
Les signataires expriment l’honneur d’accueillir les délégués syndicaux et assurent de leur disponibilité pour apporter éclaircissements et réponses.
Un climat social déjà fragilisé par la conciliation
Cette crise survient alors qu’un processus de conciliation, engagé depuis le 30 janvier 2025 à l’Inspection générale du Travail, était en passe d’aboutir.
L’intersyndicale avait obtenu l’inclusion de tous les salariés dans la classification des emplois validée le 23 mai, ainsi que l’alignement salarial rétroactif au 1ᵉʳ novembre 2024.
Or, l’annonce soudaine des licenciements a ravivé tensions et incertitudes au sein du personnel, qui s’estimait déjà lésé par des mois de reports et d’attente.
Vers une issue concertée ?
Au moment où le ministre de l’Emploi est saisi, l’avenir reste incertain.
L’intersyndicale a fait appel à son arbitrage pour éviter « une tragédie sociale programmée », tandis que l’employeur se défend de tout acharnement, invoquant la nécessité de lutter contre la fraude interne.
Entre demandes de transparence et promesses d’explication, la balle est désormais dans le camp du gouvernement et des services du travail pour trouver une solution équilibrée, respectueuse des droits des salariés et des impératifs de bonne gestion de la banque.
Lydia Mangala


