Lors d’une enquête menée mercredi 18 juin dans la capitale Congolaise, les femmes de ménages ont dénoncé leurs mauvaises conditions de travail, en marge de la Journée mondiale des travailleurs et travailleuses domestiques, célébrée le 16 juin de chaque année.
« Nous connaissons l’heure de début de notre travail, mais pas l’heure à laquelle nous allons terminer. De plus, l’argent pour le transport et le faible salaire que nous percevons ne nous permet pas de nous en sortir. Notre souhait est que notre travail soit reconnu comme tout autre travail, avec tous les avantages qui en découlent », a déclaré Patience Mbenza travailleuse domestique.
Cette dernière a indiqué qu’elle est censée commencer son travail à 8 h pour terminer à 17 h, mais que cela peut aller jusqu’à 18 h 30, alors qu’elle doit normalement travailler pendant 8 h. Tout en signifiant que les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées.
Nicole Bopeti, également employée de maison a, pour elle, a déploré le fait que leur travail ne leur garantit aucune protection du point de vue sociale.
« Nous n’avons pas droit aux soins médicaux, et si l’on tombe malade pendant plusieurs mois, on est remplacée », a-t-elle déclaré.
« J’ai été surprise que ma dernière patronne ait voyagé sans me payer mes deux mois de prestations. Nous appelons à l’implication du gouvernement pour améliorer notre situation, en suivant l’exemple d’autres pays », a-t-elle ajouté.
Agnès Katoto, domestique depuis 2015, a quant à elle cité plusieurs difficultés, notamment des ruptures brusques de travail.
« J’ai été obligée de travailler même en étant malade ou éprouvée », a-t-elle confiée.
Selon Louise Mwanakisa, femme ménagère, le manque de considération est déplorable.
« J’ai abandonné un emploi par colère parce qu’étant mariée et mère, je devais parfois quitter le travail à 21 h, alors que je devais également m’occuper de mon mari et de mes enfants. Ces rentrées tardives ont provoqué des discordes dans mon foyer, car mon mari ne croyait pas que je revenais directement du travail », a-t-elle déploré.
Pour Odette mbiya, le manque de considération et d’attention pour leur travail est à la base des mauvais traitements dont elles reçoivent.
« Je suis censée faire tout le travail : m’occuper de la maison, faire la lessive, préparer les repas et m’occuper des enfants, mais je ne suis pas considérée », a-t-elle confirmé.
Les jours où sa patronne est à la maison, dit-elle, elle ne fait rien d’autre que donner des ordres.
« Le samedi, je rentrais à 20 h, prenant le risque d’être attaquée par les Kuluna (jeunes garçons opérant avec des machettes pour dépouiller leurs victimes), comme cela m’est arrivé un jour », a enchaîné Mme Mbiya.
Pour sa part, le coordonnateur de l’Association des travailleurs et travailleuses domestiques du Congo, Jonas Gonago, a appelé les autorités congolaises à œuvrer pour la ratification de la Convention 189 de l’OIT. Cela permettrait ainsi à cette catégorie de travailleurs de jouir pleinement de leurs droits, tout comme tout autre travailleur.
Pour rappel, la Journée mondiale des travailleurs domestiques est célébrée le 16 juin de chaque année. Cette journée commémore ainsi l’adoption de la Convention n° 189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) en 2011, qui vise à garantir des conditions de travail décentes pour ces travailleurs
Ben Mandjolo


