Ce mercredi 18 juin 2025, Constant Mutamba a remis au président Félix-Antoine Tshisekedi sa lettre de démission du ministère de la Justice.
Exposé à des menaces d’empoisonnement et de mort, qu’il attribue à un complot orchestré depuis Kigali avec la complicité de certains compatriotes, il se retire pour permettre à son chantier de réformes de se poursuivre sans entraves politiques.
L’engagement courageux d’un soldat de la justice
Nommé en mai 2024, Constant Mutamba a immédiatement entrepris de désengorger les prisons et d’améliorer les conditions de détention, mettant fin à l’hémorragie de décès par étouffement.
Il a fait restaurer les sceaux officiels des institutions judiciaires, relancé l’École de criminologie, rénové les palais de justice et instauré un système numérisé pour traiter les affaires de commerce.
À Kinshasa, ses audiences foraines ont fait reculer le banditisme urbain, tandis qu’une commission mixte veillait à protéger les biens spoliés par des réseaux mafieux.
Ces réformes, saluées par le chef de l’État et applaudies par la population, visaient à rendre la justice plus rapide, transparente et accessible.
L’ombre d’un complot conçu à Kigali
Alors qu’il poursuivait des responsables présumés de l’AFC/M23, Constant Mutamba confie avoir été victime de pressions croissantes.
Dans sa lettre, il décrit un coup de poignard dans le dos, illustré par des tentatives d’empoisonnement et des appels à son élimination physique.
Selon lui, ces manœuvres ne visaient pas seulement à l’écarter, mais cherchaient à paralyser la riposte gouvernementale face à l’agression rwandaise et à stopper net l’élan de patriotisme et de réformes qu’il incarnait.
Une démission au service de la continuité des réformes
En choisissant de démissionner, Constant Mutamba entendait avant tout préserver la crédibilité de la justice congolaise.
Il rappelle dans sa lettre sa loyauté indéfectible envers le président Tshisekedi et sa foi en l’État de droit.
Conscient que sa survie personnelle ne doit pas compromettre l’avenir des milliers de Congolais dont les droits avaient commencé à être restaurés, il quitte ses fonctions non sans regret, mais convaincu que la seule parade face aux intrigues est de libérer le ministère des entraves politiques.
Un appel à protéger l’État de droit
Tout en assurant qu’il ne renonce pas à son combat, Mutamba exprime l’espoir que ses successeurs porteront plus loin la modernisation judiciaire.
Il plaide pour l’indépendance des magistrats et pour que la justice ne devienne jamais un instrument de règlement de comptes.
Son geste, exceptionnel dans le paysage politique congolais, résonne comme une alerte sur les pressions exercées par des réseaux hostiles au changement, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs.
En démissionnant, Constant Mutamba ne disparaît pas du débat public, mais se dresse en garant de l’État de droit.
Sa lettre, à la fois confession de réformes courageuses et mise en garde contre les complots politiques, appelle à protéger ceux qui osent transformer les institutions.
Pour la population, son départ symbolise la fragilité du progrès, mais aussi la nécessité de soutenir sans relâche toute initiative visant à faire de la justice congolaise une véritable colonne vertébrale de la démocratie.
Lydia Mangala


