Lors du cinquième panel de la Conférence Internationale Women UP, consacré à « La parole des survivantes : briser les silences pour sensibiliser », une voix s’est élevée avec une force tranquille et une clarté bouleversante : celle de Ndagbia Mobutu, Directrice générale d’AZYEKOS.
Pas d’effets de manche, pas de slogans convenus. Juste une conviction profonde, exprimée avec sobriété : le silence est un poison, et le briser, un acte de survie.
Refuser l’oubli, faire de la parole une force

L’objectif de son intervention était clair : arracher la douleur à l’oubli, inscrire les récits des survivantes dans l’espace public et faire de la parole un instrument de guérison collective.
En tant que femme de terrain, engagée dans les dynamiques sociales et économiques du pays, Ndagbia Mobutu appelle à un changement culturel radical : que le droit à la parole ne soit plus l’exception, mais la norme.
Parler pour exister, parler pour reconstruire

« Le silence peut être dangereux. Le silence peut être mortel. », dit-elle.
Ces mots, posés avec calme, ont eu l’effet d’un électrochoc. Pour elle, le silence n’est jamais neutre : il nourrit l’impunité, efface les faits, protège les bourreaux, et enferme les victimes dans la honte et l’effacement.
C’est pourquoi il faut le briser, partout : dans les institutions comme dans les rues, les quartiers, les villages. Même si cela dérange, même si cela gêne, même si cela met la société face à ses responsabilités.
Donner la parole aux femmes blessées

Ndagbia Mobutu pense avec émotion à toutes ces femmes violées, abusées, réduites au silence.
« Il faut leur donner la parole pour que cette honte puisse un jour s’en aller», a-t-elle déclaré.
Parler, dit-elle, n’est jamais facile. C’est un acte de courage, un acte de transformation, un premier pas vers la reconstruction de soi. Et chaque récit entendu est une victoire contre l’invisibilité.
Un rêve de société lucide et courageuse

Le plaidoyer de Mme Ndagbia va au-delà de la compassion : elle rêve d’un Congo où parler n’est plus un risque, mais un droit fondamental. Un pays où la mémoire sert non pas à raviver les plaies, mais à les soigner. Un Congo enfin en paix avec lui-même.
« Il faut énormément de courage pour briser le silence. Mais c’est ce courage dont nos sociétés ont besoin. », a-t-elle souligné.
C’est ce même courage, affirme-t-elle, que le pays doit mobiliser pour tourner la page de la violence et construire une paix durable.
Unir les voix pour guérir ensemble

Dans une formule aussi simple que puissante, Ndagbia Mobutu conclut :
« Unissons nos voix. Que nos voix soient un outil pour guérir, pour transformer, et surtout, pour faire advenir la paix. », a-t-elle conclu.
Une parole lucide, humble mais percutante, qui a résonné dans toute la salle comme un appel à l’action. Car derrière chaque silence brisé, il y a une vie qui renaît, une dignité retrouvée, une société qui se relève.
Lydia Mangala


