Au troisième panel de la quatrième édition de Women Up, consacré aux « Matières premières : richesse ou cause de précarité chez les femmes », l’Ambassadeur Atundu Liongo, PCA honoraire de la SNEL, a livré un constat frappant sur l’envers du décor minier congolais.
Sans énumérer, il a tissé un tableau où traditions, violences et inégalités se conjuguent pour maintenir la femme à l’écart de la manne minière.
Les mythes qui enferment

Par ses mots, l’Ambassadeur a d’abord mis en lumière l’absurdité de croyances anciennes.
« Au Chili, il est interdit aux femmes de descendre dans les mines de peur de provoquer la colère des dieux », a-t-il dit.
Selon lui, ces préjugés tenaces ne relèvent pas d’un folklore inoffensif, mais d’un frein psychologique puissant. Ils condamnent la femme à l’immobilisme et nourrissent la répulsion dont elle est l’objet sur les sites.
Une précarité qui ronge

Dans son intervention, Atundu Liongo a montré comment l’exclusion des femmes prend racine dans trois réalités lourdes à porter.
D’abord, la fracture sociale qui naît lorsque l’époux part travailler et laisse la femme gérer seule un foyer déstructuré : elle doit, sans soutien, assumer des charges domestiques impossibles à concilier avec la survie économique.
Ensuite, l’insécurité omniprésente.
« La présence féminine est signalée avec agressivité », a-t-il souligné, révélant un milieu où la femme peut subir insultes ou violences.
Enfin, la précarité éducative et économique : privée d’accès direct à l’extraction, la femme se voit confinée au petit commerce, au mariage précoce ou à l’abandon scolaire.
Les lueurs d’un changement

Pourtant, malgré ce tableau sombre, l’Ambassadeur a salué l’offensive collective des femmes, qui gagnent peu à peu des responsabilités managériales et investissent la logistique, la santé ou le transport.
Ces premières victoires, fruit d’un travail de réseau et de sensibilisation, esquissent la perspective d’une exploitation réellement partagée.
Un appel vibrant
Atundu Liongo a conclu en appelant à une mobilisation sans faille : il ne s’agit pas seulement de lois, mais de cartographier les obstacles et de former des comités mixtes pour faire tomber les barrières.
Il a insisté sur le fait que la mine, trop souvent vécue comme une malédiction, peut redevenir une bénédiction partagée si la femme y prend pleinement sa place.
Pour le PCA honoraire de la SNEL, pour que la richesse minière bénéficie enfin à toutes, il faudra transformer les mentalités et traduire ces mots en actes.
Lydia Mangala


