Ce lundi 2 juin 2025 à Kinshasa, le ministre de l’Industrie et développement des PME, Louis Watum Kabamba, a présenté, lors du briefing spécial organisé le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le projet Okapi, une initiative ambitieuse financée à hauteur de 9 millions de dollars par le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI).
Destiné à équiper près de quarante universités en imprimantes 3D de dernière génération, ce programme vise à offrir aux étudiants congolais les outils nécessaires pour passer de l’idée à la création concrète avant même d’achever leur cursus académique.
Encourager l’entrepreneuriat dès les études
Louis Watum a souligné qu’il n’est plus nécessaire d’attendre la fin du master pour générer ses premiers revenus :
« Étudiants entrepreneurs, vous pouvez, dès la deuxième ou troisième année, créer et produire », a-t-il lancé.
Avec les imprimantes 3D modernes acquises dans le cadre du projet Okapi, les jeunes auront la possibilité de fabriquer tout, des clous aux pièces les plus complexes d’un moteur de voiture.
En fournissant ces machines aux universités, le gouvernement entend décloisonner l’apprentissage et encourager la prise d’initiative.
Des laboratoires de fabrication numérique dans les campus
La composante phare du projet Okapi consiste à créer des fab labs au sein des institutions d’enseignement supérieur.
Dotés d’imprimantes 3D, de scanners et d’équipements complémentaires, ces laboratoires permettront aux étudiants de développer des prototypes, affiner leurs concepts et lancer de véritables start-ups industrielles pendant leur parcours académique.
Les universités devront aménager des espaces dédiés et former le personnel enseignant pour accompagner les étudiants dans ces nouvelles pratiques technologiques.
Un levier pour la croissance économique
En investissant dans ces technologies de fabrication additive, le gouvernement congolais souhaite repositionner l’enseignement supérieur comme moteur de croissance.
Le ministre Watum a rappelé que doter les étudiants de compétences pratiques en fabrication numérique contribuera à créer des emplois à haute valeur ajoutée et à renforcer la compétitivité du secteur industriel national.
Des partenariats avec des entreprises privées seront développés pour soutenir la mise en marché des produits conçus par les jeunes entrepreneurs.
Vers un enseignement supérieur inclusif et compétitif
Le projet Okapi s’inscrit dans une vision de long terme pour faire de la RDC un acteur majeur de l’innovation en Afrique.
À partir de la prochaine rentrée académique, ces quarante universités disposeront des imprimantes 3D nécessaires pour libérer la créativité des étudiants.
En transformant les campus en viviers d’innovation, le pays espère non seulement diversifier son tissu économique, mais aussi offrir à chaque étudiant la possibilité de devenir un entrepreneur industriel, capable de répondre aux besoins locaux et de conquérir de nouveaux marchés.
En apportant aux universités congolaises les moyens de prototyper et de produire sur place, le projet Okapi incarne la volonté de la RDC de construire un enseignement supérieur tourné vers l’action et l’innovation.
Si les premiers résultats sont au rendez-vous, la nation pourrait bien voir naître une nouvelle génération d’industriels, prêts à transformer l’économie et à placer la fabrication numérique au cœur de son développement.
Lydia Mangala


